Reprise ? Oui, si maîtrise de la crise

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Les investisseurs espèrent une reprise boursière pour 2003. Mais sur quoi fondent-ils leurs analyses ? Entre prévisions et prédictions, histoire et réalisme? Bush et Wall Street

Les places boursières viennent d’encaisser leur troisième année de chute consécutive. De 2000 à 2002, le CAC40 a chuté de -48,6%. Jamais l’indice parisien n’avait autant cédé depuis sa création! La Bourse américaine, moteur des places boursières mondiales, encaisse une baisse de -27% pour le Dow Jones, tandis que le Nasdaq perd -67%. Depuis l’explosion de la bulle Internet et l’essoufflement de la croissance, la situation géopolitique s’est aggravée, et les scandales comptables et boursiers ont jeté la suspicion sur les entreprises. Les analystes prévoient une reprise du marché boursier en 2003. Pourtant, des incertitudes pèsent sur la reprise de la croissance économique, le climat politique au Moyen-Orient reste dégradé, la guerre contre l’Irak se profile à l’horizon, et les risques d’attentats sont réels. Sans compter sur la crise coréenne. Se référant à l’histoire de l’économie, les analystes rappellent que de Wall Street n’a jamais aligné quatre années de replis consécutifs. La bonne affaire ! Et l’évolution des actions en janvier est le reflet de celle qui sera affichée par la Bourse américaine l’année qui suit. Le mois de janvier n’est qu’entamé ! D’une manière plus réaliste, les derniers indices publiés en décembre aux Etats-Unis sont positifs, à l’image de la construction et de l’industrie manufacturière. Et les valeurs sinistrées, en particulier les valeurs technologiques, présentent un fort potentiel. De bonnes affaires en perspective !

Les risques de conflit au Proche Orient L’avenir reste donc soumis à l’évolution des indices et à l’issue du conflit irakien. Une victoire américaine rapide, dans une guerre contre l’Irak qui suscite un front face aux exigences du président Bush, pourrait entraîner un retour à plus de réalisme sur les matières premières, sur le pétrole en particulier dont les cours anticipent actuellement le conflit, et instaurer un climat haussier. A l’inverse, les Etats-Unis pourraient s’enfoncer dans un bourbier politico-militaire, amplifié par une crise géopolitique majeure, et accompagné d’une recrudescence des attentats dont l’Europe pourrait faire les frais. Et L’Europe dans tout ça ? Si les entreprises restent tributaires du climat géopolitique, elles restent soumises à la bonne volonté des investisseurs et à la consommation des ménages. Un conflit militaire, s’il survient, ne favorise que les marchands d’armes et les bas de laine! Les difficultés rencontrées par les grands investisseurs, et certaines nouvelles règles que leur impose contre leur grès, mais aussi souvent à leur profit, le pouvoir politique, ne favorise pas la reprise haussière. En l’absence de pouvoir réel de l’actionnariat familial et salarial, la hausse reste soumise à spéculation. Quant aux semaines à venir, elles seront cruciales, avec la publication des résultats au quatrième trimestre, et la réaction des investisseurs face aux résultats cumulés de l’exercice 2002. D’autant qu’en matière de gouvernance d’entreprise, la gestion comptable et financière de nombreuses entreprises reste à valider ! Et nous, entreprises et investisseurs français, que sommes-nous ? Le retour à la hausse de la cotation des grands groupes – Alcatel, France Telecom, Vivendi Universal en tête – reste d’autant plus fragile que l’ampleur des mouvements haussiers et baissiers est inquiétante, voire surréaliste. Au final, les places boursières européennes restent soumises aux joies et peines de Wall Street.


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