Résultats 2012 : Nokia double ses pertes

Régulations

Les bons résultats du 4e trimestre ne permettent pas à Nokia de redresser suffisamment la tête pour sortir du rouge. La société affiche une perte de 2,3 milliards d’euros.

Nokia a mieux terminé l’année 2012 qu’il ne l’avait commencée (avec une perte de 1,5 milliard d’euros). Avec un chiffre d’affaires (IFRS) supérieur à 8 milliards d’euros, le groupe Nokia accuse certes un recul de 20% par rapport au 4e trimestre 2011, mais affiche un profit de 439 millions contre près de 1 milliard de déficit un an plus tôt.

2,3 milliards d’euros de pertes

Nokia redresse donc la tête en fin d’année (lire à ce sujet Nokia a vendu 4,4 millions de Lumia au 4e trimestre) après quatre trimestres déficitaires continus. Notamment grâce au soutien de sa filiale Nokia Siemens Networks (NSN) qui, avec un CA de près de 8 milliards (+5%), affiche un bénéfice en hausse annuelle de 275% à 251 millions d’euros.

De quoi conforter la stratégie Windows Phone de l’entreprise initiée en 2011 sous l’impulsion de Stephen Elop, le PDG depuis 2010. Néanmoins, la partie n’est pas gagnée. Sur l’année entière, le chiffre d’affaires recule de 22% à 30,2 milliards d’euros ce qui se traduit par une perte de 2,3 milliards. Soit tout de même plus du double que celui de l’année 2011 (-1 milliard), dont 800 millions à imputer à NSN pour un CA de 13,8 milliards (-2%). Notons néanmoins que les chiffres intègrent les dépenses liées aux plans de restructuration du groupe (tant chez Nokia que NSN). Les résultats non IFRS affichent un bénéfice de 126 millions, en baisse annuelle de… 93%.

335 millions de téléphones en 2012

Au-delà de la filiale équipements réseau, les ventes de terminaux constituent l’essentiel des revenus de Nokia (et donc des pertes à hauteur de 1,1 milliard d’euros). Lesquels s’élèvent à 15,7 milliards (-34% annuellement) pour 335,6 millions d’unités distribuées (-20%).

Un recul essentiellement dû aux faibles ventes de smartphones (Lumia et Symbian N8xx) qui, à 35,1 millions d’unités, baissent de 55% par rapport à 2011. Si les téléphones classiques sont moins impactés à un peu plus de 300 millions d’unités, ils accusent néanmoins une baisse de 12% malgré le bon accueil des modèles Asha (aux dires de la firme).

Bien que limitée, cette baisse sera difficile à inverser alors que le marché se tourne de plus en plus vers les smartphones. Nokia n’a donc d’autres choix, à moyen terme, que de réussir le virage Windows Phone (à moins de sortir un ultime plan B du chapeau).

Pas tiré d’affaire

Malgré un regain de forces, l’activité Location et Commerce (cartes, opérations commerciales de proximité) affiche toujours une perte, de 301 millions (contre -1,5 milliard en 2011), pour un CA en légère hausse de 1% à plus de 1,1 milliard. Notons que Location & Commerce sera rebaptisée HERE au premier trimestre 2013, du nom de la nouvelle marque englobant les activités de cartographie.

Si les résultats du 4e trimestre sont encourageants pour le groupe Nokia, le constructeur finlandais est loin d’être sorti d’affaire. Et son avenir repose plus que jamais sur le succès des ventes de ses terminaux Lumia. Avec, éventuellement en relais, l’introduction d’une gamme de tablettes.

Nokia aura fort à faire face à la concurrence acharnée, notamment du côté d’Apple, mais aussi de Samsung qui à montré sa capacité à inonder le secteur avec un catalogue d’une richesse inégalée, et des constructeurs chinois ZTE et Huawei qui ne cachent pas leurs ambitions mondiales, y compris sur les offres Windows Phone 8. De son côté, Nokia a préféré se concentrer sur 14 marchés majeurs, limitant ainsi son rayonnement économique.

La stratégie Windows Phone maintenue

« Nous restons concentrés sur notre transition, qui consiste à continuer l’amélioration de la compétitivité de nos produits [et] accélérer l’optimisation de nos coûts », indique Stephen Elop. Le PDG de Nokia n’en reste pas moins conscient des difficultés de la transition et d’autant plus prudent. Pour le 1er trimestre 2013, le groupe prévoit un recul du CA de 2% (non IFRS qui plus est) qui s’explique notamment par la faiblesse saisonnière du marché.


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