RFID : le marché français se mobilise

Régulations

La RFID, ensemble de solutions d’étiquetage électronique avec suivi logiciel, présente des spécificités nationales. Une enquête du cabinet PAC pointe les préoccupations des entreprises de l’Hexagone en la matière

Selon le cabinet Pierre Audoin Consultants, le marché français de la RFID a représenté un chiffre d’affaires de quelque 35 millions d’euros en 2004, dont la moitié dans les secteurs du transport, de la chaîne logistique et des services d’accueil. Le secteur du commerce et des produits de grande consommation représente, quant à lui, un marché estimé à 10 millions de dollars.

Sur l’ensemble de ces segments, 20 % des principaux acteurs interrogés se disent prêts à étudier et à démarrer un projet, tandis que 18 % sont déjà passés à l’acte. La plupart des projets pilotes s’effectuent en boucle fermée, l’objectif étant soit de simplifier des procédures, soit d’effectuer une réorganisation du travail (en réduisant les tâches manuelles et en accélérant et sécurisant la circulation des marchandises). Or, malgré tous les efforts déployés, force est de constater que la RFID est encore peu intégrée aux logiciels de gestion de stocks ou d’inventaire. Par ailleurs, sur le plan de la traçabilité, la plupart des projets pilotes prennent en compte les palettes et le conditionnement, mais ne descendent pas jusqu’aux produits unité par unité. Les résultats de l’enquête, qui a été commanditée par HP et Microsoft, apportent quelques recommandations : – il est utile d’adopter une analyse globale du projet. Ceci implique généralement la refonte des procédures internes, un aspect trop souvent négligé, et qui explique de nombreux échecs ; – il est nécessaire d’adapter des plates-formes “middleware” à la RFID et d’installer des espaces de stockage suffisants pour sauvegarder les énormes volumes de données engendrés par ces nouvelles applications ; – il y a tout avantage à utiliser des produits standards. En effet, l’un des principaux freins au démarrage de la RFID en France serait le manque de visibilité sur les standards adoptés aussi bien par les fournisseurs de matériel RFID que par les leaders d’opinion du marché. Les principaux bénéfices attendus Pour la plupart des responsables interrogés, les principaux bénéfices associés à la RFID concernent une meilleure traçabilité depuis le container ou la palette de distribution ; la réduction du cycle d’approvisionnement et du temps de manipulation. L’amélioration de l’inventaire n’est retenue que si elle s’accompagne d’une intégration à un logiciel de gestion ou d’ERP. Enfin, c’est la diminution des vols et de la démarque indirecte qui semble être également au coeur des préoccupations. Pour les acteurs du marché ayant déjà lancé un projet ou envisageant de le faire à court terme, plusieurs facteurs déclencheurs sont avancés. Il s’agit notamment de la standardisation des étiquettes radio et du protocole de communication, des gains de productivité obtenus grâce à cette technologie, de l’amélioration de la sécurité et de la simplification des processus. De plus, on perçoit désormais une pression très nette de la part de certains partenaires qui poussent à l’adoption de la RFID dans un contexte de chaîne d’approvisionnement étendue. La grande majorité des acteurs appellent par ailleurs de tous ses voeux la disponibilité de solutions globales offrant enfin des applications ad hoc de bout en bout sur la chaîne logistique. Toutefois, il faudra certainement attendre la fin d’année prochaine avant de voir apparaître de tels produits. Les principaux freins Les obstacles au développement de la RFID sont au moins au nombre de trois : – le prix des matériels RFID est jugé souvent rédhibitoire: plus de 71 % des personnes interrogées estiment que le prix des étiquettes et des lecteurs est trop élevé pour permettre un développement rentable des applications RFID dans leur entreprise. Certains, bien qu’ayant déjà développé des pilotes, avouent y être allés un peu à l’aveuglette sans être bien certains de pouvoir justifier un retour sur investissement. D’autres encore, bien que convaincus de l’importance de l’enjeu (rappelons que près de 73 milliards d’étiquettes RFID devraient être utilisées d’ici à fin 2008) estiment que, pour réellement décoler, la RFID devra attendre les années 2010 ; – les problèmes techniques liés aux matériaux des objets étiquetés ainsi qu’à l’environnement des entrepôts qui posent encore de nombreux problèmes. Il est notamment très difficile d’effectuer une lecture RFID fiable à 100% dans un entrepôt comprenant de nombreuses pièces métalliques; idem en chambre froide (les molécules d’eau perturbent le signal). Toutefois, l’arrivée de nouveaux systèmes plus puissants et dotés de fonctions de déparasitage devrait régler ce problème ; – plus de 50 % des acteurs interviewés s’interrogent sur la multiplicité des standards. De fait, deux standards asiatiques, un standard américain et un standard européen risquent de coexister encore pour un long moment. La situation présente peut se résumer au propos de l’un des intervenants de la réunion RFID organisée par l’EBG, ce 25 mai: «Le phénomène RFID fait penser au premier déferlement de la vague Internet. On sait qu’il faut y aller, mais on sait pas toujours très bien pourquoi et surtout comment!».


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