RIM/BlackBerry en quête d’une nouvelle stratégie

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Le futur BlackBerry 10 ne suffira pas à enrayer la perte de vitesse. RIM envisage de redéfinir sa stratégie à travers des partenariats, coentreprises, vente de licences… Y compris la vente du constructeur ?

Ce n’est pas en ajoutant un clavier à sa Playbook que RIM (Research in Motion) vendra plus de tablettes. Ou de BlackBerry. Et la nouvelle plate-forme BlackBerry 10, qui unifiera ardoises numériques et smartphones, tarde à venir. Elle est désormais attendue pour la fin de l’année.

Mais en attendant, le constructeur canadien ne cesse de perdre du terrain. Les résultats du quatrième trimestre fiscal 2012, arrêté le 3 mars et présenté le 29 mars, sont éloquents : à 4,2 milliards de dollars, le groupe a perdu 19 % par rapport au trimestre précédent et 25 % par rapport à celui de 2011. Et les 11,1 millions de téléphones mobiles vendus sur la période sont en baisse de 21 % d’un trimestre à l’autre. Seule la Playbook semble reprendre du poil de la bête avec 500 000 unités vendues sur le trimestre. La mise à jour Playbook OS 2.0 a visiblement eu son petit effet.

Un examen exhaustif des possibilités stratégiques

Il n’en reste pas moins que l’entreprise avance sur le fil de la brèche. « Les défis auxquels nous sommes confrontés au cours des prochains trimestres sont importants et je prends les mesures nécessaires pour y remédier », a assuré Thorsten Heins, qui a pris la tête de RIM en janvier dernier.

« Nous allons également favoriser une meilleure performance opérationnelle à travers une variété d’initiatives, notamment une responsabilité accrue de la gestion et des processus, a poursuivi le dirigeant entré chez RIM quatre ans auparavant. En parallèle, nous avons entrepris un examen exhaustif des possibilités stratégiques, y compris des partenariats et des joint-ventures, des licences, et d’autres moyens de tirer parti des actifs de RIM et de maximiser la valeur pour nos actionnaires. »

Renouvellement des dirigeants

Parmi les premières mesures, Thorsten Heins a commencé à faire le ménage. Jim Basilie, débarqué de son fauteuil de dirigeant pour celui de président du conseil d’administration depuis janvier, a donné sa démission. Il quitte visiblement l’entreprise qu’il a co-créé il y a 20 ans avec Mike Lazaridis. David Yach, chargé des développements technologiques, et Jim Rowan, aux opérations internationales, ont également fait leurs bagages.

RIM pourrait donc se recentrer sur les marchés qui ont fait son succès à savoir les entreprises. En cherchant à concurrencer l’iPhone, et aujourd’hui Android, notamment en proposant désormais des écrans tactiles (y compris sur des modèles équipés d’un clavier physique), RIM n’a cessé de perdre du terrain. Répondre aux besoins de l’entreprise pourrait donc s’avérer une porte de sortie de crise honorable.

Convaincre les consommateurs

Sauf que ce ne sont plus les entreprises, mais les utilisateurs qu’il faut aujourd’hui convaincre, ces derniers ayant de plus en plus tendance à utiliser leurs terminaux personnels dans le cadre professionnel. D’où la recherche de solutions alternatives type partenariat, de vente de licences ou de coentreprise évoquée par Thorsten Heins. Lequel ne s’était d’ailleurs pas interdit un rachat de l’entreprise bien que cette idée ne soit pas à l’ordre du jour.

Autrement dit, est-ce que RIM est encore capable de faire cavalier seul face à l’imposante présence de l’iPhone, au dynamisme de l’écosystème Android et au couple, désormais, Nokia Windows Phone ? Même en temps qu’acteur de niche, on voit mal comment les BlackBerry pourraient s’imposer dans cet univers sauf à développer des offres de service aujourd’hui absentes du catalogue… Bien que Thorsten Heins n’ai pas développé de stratégie particulière, le titre a repris 7 % à Wall Street vendredi dernier. Les investisseurs ayant visiblement salué la prise de conscience du besoin de changement de RIM.

Crédit photo © Official-BlackBerry-Images


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