Roaming: l’Europe va imposer ses vues aux opérateurs

Régulations

Bruxelles présente ce mercredi son projet visant à encadrer les tarifs internationaux du mobile. La Commission s’attaquera d’abord aux tarifs de gros

La Commission européenne va frapper les opérateurs mobiles là où ça fait mal. Au portefeuille. Lassée d’attendre, et après des mois de pression, Bruxelles va présenter ce mercredi son projet d’encadrement des tarifs de roaming, le prix des appels passés à l’étranger.

Rappelons que lorsqu’un usager décide de partir en vacances, le téléphone mobile, s’il fait partie du voyage, peut à son retour lui avoir coûté très cher. En effet, la logique des opérateurs veut que le portable soit lui aussi en vacances, et du coup il nous facture gentiment les coûts de ré-acheminement, ce que l’on nomme en anglais le roaming. Et ces coûts sont bien souvent prohibitifs, ils représentent d’ailleurs 7% du chiffre d’affaires des opérateurs en France.

“Un client de téléphonie mobile ne devrait pas se voir imposer un prix plus élevé simplement parce qu’il voyage à l’étranger”, s’agace la commissaire européenne chargée de la Société de l’Information, Viviane Reding. “J’ai averti les opérateurs mobiles à de nombreuses reprises.Ils semblent avoir des difficultés à comprendre”.

Malgré les ‘efforts’ des grands opérateurs, qui ont décidé de rogner un peu leurs marges (lire notre article), et malgré un lobbying intensif, la Commission estime qu’il faut aller plus loin. Beaucoup plus loin.

Selon la Tribune, Bruxelles limitera d’abord les tarifs de gros que pratiquent les opérateurs entre eux. Ensuite, deux ou trois mois après, elle plafonnera les prix de détail si la baisse des prix de gros ne se répercute pas sur les prix de détail.

Cette limitation du prix de détail des appels pourrait coûter 5 milliards d’euros de profits par an au secteur, selon le quotidien qui s’est procuré l’étude d’impact réalisée par la Commission.

Viviane Reding, la redoutée commissaire européenne voulait encadrer les deux tarifs. Mais la question a fait débat, certains considérant que ce double contrôle illustrait un retour à l’économie administrée.

Bruxelles laisse donc une chance aux opérateurs. En plafonnant les tarifs de gros, la Commission espère que les opérateurs feront un geste ‘mécanique’ envers leurs clients.

La proposition devra être adoptée par la Commission européenne, avant d’être soumise au Parlement puis au Conseil. Elle prendra la forme d’un règlement directement applicable à l’été 2007. Il ne s’agira donc pas d’une directive qui demande toujours beaucoup de temps à être transposée par les Parlements nationaux.

Du côté des opérateurs, c’est évidemment la soupe à la grimace. Ils affirment faire des efforts et sont vivement opposés à une législation contraignante au niveau européen.

“Nous croyons qu’aucune réglementation n’est nécessaire et qu’il faudrait faire confiance au fonctionnement du marché, c’est-à-dire que les opérateurs mobiles se réguleront eux-mêmes”, a ainsi déclaré l’allemand T-Mobile dans un communiqué.


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