Saga IT : comment IBM a traversé un siècle de technologies

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Au début étaient des machines à statistiques, des pointeuses et des balances électroniques, pour quelques millions de dollars de chiffre d’affaires. Un siècle et quelques années plus tard, IBM est devenu une société de conseil et de services dont les revenus annuels avoisinent 70 milliards de dollars. Silicon revient sur l’histoire et la métamorphose du premier géant de l’IT.

De la révolution industrielle à l’ère de la communication, le groupe a fait face à des turbulences.

Le travail de préservation documentaire qu’il mène officiellement depuis les années 1960 apporte un éclairage autant sur ses inventions que sur la réinvention de son modèle.

Le 16 juin 1911 naît, à New York, la Computing-Tabulating-Recording Company (C-T-R).
Elle fait office de holding pour trois sociétés créées au XIXe siècle : la Tabulating Machine Company, l’International Time Recording Company et la Computing Scale Company of America.

Tabulating Machine Company : le futur cœur d’activité d’IBM

La Tabulating Machine Company voit le jour le 3 décembre 1896 à New York, sous l’impulsion d’Herman Hollerith.
Ayant travaillé pour le Bureau américain du recensement entre 1879 et 1882, l’intéressé a eu l’idée d’une machine à statistiques.

Celle-ci lit les données sur des cartes perforées, un trou déclenchant un contact électrique. Elle est inspirée des travaux de Basile Bouchon.
Cet ingénieur français avait inventé, en 1725, un métier à tisser semi-automatique basé un rouleau de papier percé par endroits. Les cartes perforées s’y étaient substituées en 1728, avant que Joseph Marie Jacquard perfectionne le mécanisme à la fin du XVIIe siècle.

En 1886, la ville de Baltimore (Maryland) est la première à tester le dispositif, breveté trois ans plus tard.
Le potentiel de la machine s’illustre davantage dans le cadre du dépouillement du recensement de 1890. Le processus est nettement moins onéreux qu’en 1880 (plusieurs millions de dollars économisés). Il prend  par ailleurs quasiment trois fois moins de temps, alors même que la population a crû (de 50 à 63 millions de personnes). Les agents du recensement restent toutefois chargés de perforer les cartes, ensuite traitées par la machine.

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Réplique d’une « machine Hollerith » exposée au musée de l’Informatique de Mountain View (Californie)
© Adam Schuster

International Time Recording Company : des cartes, des clés et des cadrans

En 1900, George W. Fairchild crée l’International Time Recording Company. La société regroupe les activités de la Bundy Manufacturing Company, de la Standard Time Company et de la Willard and Frick Manufacturing Company.

La Bundy Manufacturing Company était née onze ans plus tôt (le 30 septembre 1889), à l’initiative de quatre associés dont Willard Bundy.

Celui-ci avait inventé, en 1888, une pointeuse dans laquelle chaque employé insérait une clé à son arrivée et à son départ.

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la pointeuse Dey, brevetée le 24 septembre 1989

La même année, Alexander Dey avait inventé une pointeuse non pas à clé, mais à cadran : chaque employé dispose d’un numéro sur lequel il positionne un pointeur à son arrivée.

Cette invention engendre, en 1893, une société : la Dey Patents Company. Basée à Syracuse (État de New York), elle change rapidement de dénomination, devenant la Dey Time Register Company.

En 1894, la Willard and Frick Manufacturing Company voit le jour à New York. Elle investit le marché avec un autre type de pointeuse, à cartes.

En 1899, la Bundy Manufacturing prend position sur ce segment des pointeuses à carte en acquérant un spécialiste : la Standard Time Company.

Les acquisitions se poursuivent après la consolidation sous l’étendard International Time Recording Company. Notamment avec la Dey Time Register Company, en 1907.

Computing Scale Company of America :  l’automatisation par les balances

En 1891, Edward Canby et Orange Ozias créent, à Dayton (Ohio), la Computing Scale Company. Ils avaient commencé à développer, en 1889, des balances électroniques basées sur les brevets déposés quatre ans plus tôt par Julius E. Pitrap.

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La première balance électronique automatique de la Computing Scale Company est présentée en 1895.

En 1901, l’entreprise fusionne avec la Detroit Automatic Scale Company (née en 1896 sous le nom Stimson Computing Scale Company) et la Moneyweight Scale Company (fondée en 1899 comme entité commerciale de la Computing Scale Company).

 

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