Les informaticiens de Crédit Agricole mobilisés contre le plan 2014-2016 de la banque

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Craignant de perdre leurs prérogatives sur l’informatique du groupe bancaire après l’annonce du plan 2014-2016, les salariés de Crédit Agricole Technologies et CA Services expriment leurs craintes en assemblée générale. Une journée de grève est prévue mardi.

Les salariés de Crédit Agricole Technologies (CAT) et Crédit Agricole Services (CAS) – respectivement maître d’œuvre et maître d’ouvrage du projet Nice, le système d’information commun des Caisses régionales – sont mobilisés. Ils réclament des précisions après la présentation du plan 2014-2016 du groupe centré sur l’optimisation des coûts et la mutualisation de l’informatique.

Inquiets pour la pérennité des emplois, les informaticiens s’expriment, ce vendredi 28 mars, en assemblée générale sur tous les sites, après avoir répondu, pour 50% d’entre eux, au débrayage intersyndical du 21 mars (CFDT, CFTC, CGT, SNECA, SUD CATS).

« Disparition » de 127 postes

L’assemble générale du jour s’annonce houleuse, comme l’a été le comité d’entreprise du 27 mars. De source syndicale, la réunion de jeudi centrée sur la réorganisation de la maîtrise d’œuvre informatique (Crédit Agricole Technologies donc) a été suspendue dès 12h45, après le vote à l’unanimité d’une motion. Et ce, dans l’attente d’une réponse précise de la direction sur le non remplacement de postes vacants.  La direction a finalement rencontré, jeudi après-midi, toutes les organisations syndicales ayant des représentants au comité d’entreprise pour « échanger sur les raisons de la mobilisation des salariés », selon le syndicat de l’informatique Crédit Agricole CGT.

Aujourd’hui, des interrogations demeurent sur les conditions de travail, la reconnaissance des salariés, les recrutements d’informaticiens, les perspectives et le dialogue social. Les salariés de CA Technologies craignent un « nivellement par le bas ». Ils déplorent que la direction mette l’accent sur une réorganisation de l’effectif, prévoyant « le remplacement partiel » des départs naturels, mais sans préciser ses intentions postes par postes. D’après l’intersyndicale, quelque 127 emplois vacants sur environ 800 que compte CAT ne seraient pas pourvus, faute de recrutements. Les syndicats se demandent donc si ces effectifs seront suffisants pour mener à bien le plan d’organisation informatique (POI), nouvelle étape de mutualisation IT au sein du groupe, alors que la direction ne prévoit de recourir qu’à 15 % de sous-traitance pour un projet estimé à 100 000 jours homme.

Dans l’ombre de CASA

« Notre DGA, Corinne Ody-Cabrol, nous dit avoir découvert en même temps que nous, jeudi 20 mars, lors de la présentation du plan à moyen terme (PMT), les intentions du groupe, à savoir : accélérer la convergence applicative entre LCL et la plateforme Nice, et mutualiser la production informatique », explique à la rédaction Arlette Carrié-Tisné, déléguée syndicale SUD chez CA Technologies.

Crédit Agricole Technologies aurait aussi « dénoncé auprès des plus hautes instances » les annonces sur la convergence étendue avec LCL, ainsi que le programme de mutualisation de la production informatique du groupe. Celui-ci débute sur Crédit Agricole S.A. (CASA, l’entité cotée dirigée par Jean-Paul Chifflet), avant d’être élargi au périmètre des Caisses régionales.

L’intersyndicale reste perplexe. « Soit notre direction ne dit pas la vérité. Soit, et c’est encore plus grave, elle n’a aucun pouvoir et la gouvernance n’est détenue que par CASA, avec une mainmise sur l’informatique du groupe… Dans ce cas, on peut estimer que notre durée de vie n’est pas très élevée », résume la porte-parole. Dans ce contexte tendu, les organisations syndicales appellent l’ensemble des salariés CAT-CAS à une journée de grève mardi 1er avril 2014.


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Auteur : Ariane Beky
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