Salesforce.com devient aussi hébergeur de sites Web

Réseaux

Le nuage étend son spectre aux sites Web d’entreprise. Avec force.com Sites, développer des applications Web devient plus rapide et intégré grâce à la plate-forme force.com. Toutefois, attention à la dépendance…

San Francisco –« Vous pouvez utiliser notre plate-forme pour créer tout votre CRM et pour toutes vos applications. Maintenant, il est temps de considérer notre plate-forme force.com comme une nouvelle approche globale. C’est pourquoi je vous annonce le lancement de force.com Sites, afin de créer tous vos intranets, tous vos sites Web, toutes vos applications Web et tous vos portails. Oubliez tous les SharePoint et autres outils de ce type que je pourrais citer, faites simple et efficace. Pour créer un site Web : créez votre application sur force.com, concevez votre interface Web avec VisualForce, créez un site force.com avec votre URL, renseignez votre nom de domaine, et activez les pages ! Et c’est fini ! » harangue Marc Benioff, le dirigeant de salesforce.com, vantant le produit et égratignant la concurrence au passage (l’école Larry Ellison ?).

Force.com Sites en Preview

Grâce à l’intégration étroite des technologies dans salesforce.com, la société affirme que 85 000 applications disponibles peuvent instantanément devenir des applications Web. Et de citer : le logiciel de recrutement peut devenir un site de recrutement public, le catalogue des produits se transformer en catalogue public, etc.

Actuellement force.com Sites permet de concevoir les pages Web, de gérer des inscriptions et donc des accès contrôlés, de gérer des domaines et URL, et propose aussi la syndication de contenu et des flux RSS.

Actuellement disponible en “developer preview”, force.com Sites est accessible sur http://developer.force.com/sites . L’éditeur en ligne annonce une disponibilité en 2009, sans plus de précisions.

Un modèle économique supplémentaire

Alors comment gagnent-ils de l’argent ? Tout d’abord, les applications sont développées sous force.com, puis les pages avec Visualforce, ce qui nécessite un abonnement mensuel. Néanmoins, cela peut se montrer insuffisant pour couvrir l’hébergement et le trafic. Certes, cette offre n’est pas non plus destinée à héberger des amazon.com. Alors, l’éditeur a défini un prix selon les pages vues. Les clients ont donc droit à un nombre de pages vues par mois selon leur abonnement : 50.000 pour Group Edition, 500.000 pour Enterprise Edition et un million pour Unlimited Edition.

Au-delà de ces quotas, l’entreprise versera 1 000 dollars par million de pages vues supplémentaires, et 3 000 dollars pour 5 millions. De quoi se constituer une source de revenus complémentaire récurrente. Néanmoins, si le lancement définitif n’est pas fixé, on peut penser que cet aspect fait partie des hésitations. Est-ce trop cher ? Pas assez ? Comment les clients vont-ils recevoir cette offre ?

Attention à ne pas rester collé

Une chose est sûre, salesforce.com se positionne sur le créneau des hébergeurs de sites d’entreprise, et cela ne va pas plaire à tout le monde. Autre question : quel sera le niveau de dépendance du client qui aura développé sous force.com, avec Visualforce et sont les sites seront gérés via force.com Sites ? Un éventuel travail de migration sera à étudier attentivement. Enfin, on ne peut pas toujours avoir le beurre et l’argent du beurre.

D’ailleurs Marc Benioff le reconnaît volontiers, en expliquant que ce phénomène est inévitable. Il ajoute que les vendeurs devraient se montrer plus honnêtes et que lorsqu’un client choisit salesforce.com il noue une relation stratégique, et que de ce point de vue, ce n’est pas différent de ce que se passe depuis des dizaines d’an nées avec Microsoft, Oracle ou IBM.


Auteur : José Diz
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