SALON COIP INTRANET : Où en est l’Intranet 2.0 -avec ou sans Google?

Réseaux

Le Salon COIP Intranet (5 et 6 mai) a permis de faire le point sur l’avancement des solutions 2.0 et de leur intégration.

Un cycle de conférences et de tables-rondes, plutôt riche, a été l’occasion de d’exposer des retours d’expériences. Les responsables du Salon (Infopromotions) – satisfaits d’avoir pu réunir 120 exposants- ont officialisé le lancement d’un club (infos sur www.club-intranet.com) .

Tout d’abord, qu’entend-on réellement par « Intranet 2.0 » ? et qu’apporte cette version par rapport à l’Intranet traditionnel ?

Patrick Schambel, p-dg de Silverpeas, éditeur du portail collaboratif éponyme explique: «Nous passons avec la 2.0 d’un partage de fichiers plus ou moins classique (avec l’utilisation éventuelle d’un VPN) à l’introduction des technologies Web ».

Par ailleurs, un grand changement est induit par l’évolution d’un environnement de sites web plutôt statiques (et dédiés à une information descendante) vers un environnement où tout le monde contribue et où toute forme d’information est partageable, qu’elle soit sous forme de blogs, de wikis, de vidéos

Au-delà de la technique, le but de cette évolution est l’amélioration de la collaboration dans l’entreprise – ce qui n’est pas une préoccupation nouvelle (cf. les offres de Microsoft, d’IBM Lotus…).

Mais pour Laurent Gasser, p-dg de Revevol (qui revendique être le “1er éditeur mondial dans le déploiement des solutionsGoogle Apps“) ; l’Intranet 2.0 serait lié aux technologies Google, qui ont permis le déploiement en quelques minutes de solutions pour plusieurs centaines d’utilisateurs, de proposer un “environnement intégré” (« sauce Google », bien sûr), et une accessibilité totale, de partout.

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Pour Philippe Colin, directeur du cabinet IteXium, l’évolution de l’Intranet vers le 2.0 a permis de répondre à deux problématiques complémentaires:

– d’une part, cette évolution correspond aux exigences de la génération Y, qui demande à trouver dans l’entreprise l’environnement auquel elle est habituée à la maison.

– d’autre part, à l’autre bout de l’échelle des âges, la 2.0 permet aux séniors d’assurer plus facilement la transmission de leurs connaissances auprès des jeunes générations.

Sur le modèle de Wikipédia

Le témoignage de Jean Leroux, DSI d’Aelia (qui gère les boutiques ‘duty-free’ de nombreux aéroports européens), est significatif à ce sujet. Sous son impulsion, l’entreprise a mis en place un « Aeliapedia », sur le modèle de Wikipedia, doté d’un peu de gouvernance (« mais pas trop ») et destiné à donner envie de contribuer à la base de connaissances.

Pour Alain Moura, p-dg d’Eximeo (qui édite et opère, en mode SaaS, des services de communications interactives, comme la messagerie instantanée ou la web-conférence), il est impératif de sécuriser les échanges : l’utilisation de solutions grand-public de ‘chat‘ (comme celles de Microsoft MSN ou Yahoo) risque d’introduire un “dangereux mélange des genres” entre les pseudos pour contacts professionnels et les pseudos à usage personnel. La solution d’Eximeo permet de sécuriser l’environnement, et offre par ailleurs une traçabilité totale des échanges, pour une utilisation ultérieure.

Tous les intervenants s’accordent sur la nécessité d’accompagner le changement induit par le passage à la 2.0 : rappel des bonnes pratiques, implication des structures opérationnelles et fonctionnelles (DRH, DSI, Service Communication,….), formation à l’écriture Web, etc…

Retour d’expérience : mise en place d’un Intranet 2.0 chez AELIA

AELIA gère plus de 400 caisses « duty-free » dans les aéroports européens. Son DSI, Jean Leroux, a lancé il y a un peu plus d’un an un projet “Intranet 2.0”. L’objectif consistait à passer d’un Intranet de type « Portail Institutionnel » à une solution plus moderne en termes de communication, d’organisation, et de collaboration multidimensionnelle. Cet Intranet 2.0 devait apporter la dimension « virale » en termes de gestion des documents, devait faciliter la gestion des projets et les discussions entre métiers, et permettre la création rapide de petites applications. Le pari est en passe d’être réussi. La mise à disposition de fiches produits est devenus pratiquement immédiate, la transversalité entre métiers a pu se développer, des applications légères (donc à moindre coût) ont pu être développées en quelques jours, une base de données pour l’annuaire téléphonique a pu être mise en place rapidement et sa mise à jour est facilitée. Pour Violaine Bazil, responsable de la communication interne de l’entreprise, les bénéfices ont été les plus marquants au niveau des boutiques, où l’ensemble des fonctionnalités Intranet est désormais disponible pour les équipes terrain (y compris les informations produits et les informations de suivi de livraisons). Cerise sur le gâteau, selon Jean Leroux, un des objectifs de la direction a pu être atteint : diminuer de façon draconienne le nombre de messages de la messagerie électronique au profit de messageries instantanées, nettement moins gourmandes en termes de trafic et de stockage. La messagerie électronique traditionnelle est désormais dévolue aux communications « n to n ».


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