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Samsung ouvre une division sur l’automobile connectée

L’organigramme de Samsung Electronics comprendra bientôt quatre divisions. La firme high-tech sud-coréenne a l’intention de constituer une équipe indépendante chargée de développer des produits destinés au secteur de l’automobile.

Cette entité travaillera en collaboration avec d’autres filiales du groupe. Notamment celle qui développe semi-conducteurs et solutions d’affichage, mais aussi Samsung SDI (batteries) et Samsung SDS (technologies de l’information). L’activité se portera essentiellement sur les systèmes de divertissement embarqués et la navigation satellitaire, ainsi que sur les équipements de la voiture autonome, comme le note Reuters.

La division sera chapeautée par Park Jong-Hwan, qui supervisait auparavant la production de moteurs et de compresseurs au sein de la division électroménager de Samsung. S’appuyant sur des estimations de Gartner selon lesquelles le marché des semi-conducteurs dans le secteur automobile représentera 32,7 milliards de dollars en 2016, Samsung a déjà pris plusieurs initiatives. Par exemple rejoindre le Progressive SemiConductor Program d’Audi en tant que fournisseur de puces mémoire.

La température monte, y compris chez les constructeurs automobiles, qui songent à développer leurs propres puces et capteurs. Illustration avec Hyundai, qui prévoit d’y injecter près de 2 milliards de dollars pour parvenir à la commercialisation de véhicules « 100 % autonomes » à l’horizon 2030.

Un autre levier de croissance

Pour Samsung Electronics, il s’agit surtout d’explorer un nouveau levier de croissance à l’heure où l’activité ralentit sur l’offre mobile : les bénéfices ont chuté cette année et les analystes s’attendent à une nouvelle baisse en 2016.

Les derniers résultats trimestriels sont trompeurs : la division mobile affiche un CA et un résultat net en progression annuelle, mais c’est la première fois depuis l’automne 2013. Hormis cette parenthèse, Samsung souffre sur un marché hyper-concurrentiel porté par le dynamisme de nouveaux entrants tels que Xiaomi.

Pour les analystes, l’expertise du groupe dans les puces et les solutions d’affichage accompagnera sa percée dans le secteur de l’automobile. Mais il faudra attendre un certain temps pour en voir les premiers fruits constate ITespresso, les cycles de vie des technologies dans le secteur automobile s’étalant généralement sur plusieurs années.

Un métier à apprendre, mais des expertises affûtées

La conquête sera peut-être plus rapide sur le volet logiciel, avec une déclinaison de l’OS Tizen (IVI, pour « In-Vehicle Entertainment ») poussée par la Fondation Linux. Il faudra toutefois composer avec Google, qui développe une version d’Android « 100 % automobile », indépendante de tout smartphone. Mais aussi avec Apple (CarPlay) et Microsoft (Windows in the Car).

Sur la partie composants, Nvidia s’est déjà positionné avec des plates-formes basées sur la puce Tegra X1 et destinées à gérer les écrans, le système de navigation ou encore l’aide à la conduite. La commercialisation est prévue pour 2016.

Samsung devra toutefois se plier à des exigences sécuritaires plus restrictives que sur le marché grand public. Plus encore après ces multiples bugs et failles détectés sur différents véhicules : des BMW accessibles sans clés à cause d’une vulnérabilité dans l’ordinateur de bord, des Chevrolet pilotables à distance via une brèche dans le système de gestion des fonctions multimédias, des milliers de Honda touchées par un bug logiciel lié à la boîte de vitesses à variation continue…

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crédit photo@syda production-Shutterstock

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