Samsung quitte le navire Symbian

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Samsung a annoncé son intention d’abandonner Symbian de ses offres mobiles. Au profit d’Android essentiellement, mais aussi de Bada. Nouveau coup dur pour Nokia.

Les rats quitteraient-ils le navire? La semaine dernière, Samsung a annoncé qu’il abandonnait l’OS mobile Symbian (Nokia) pour ses téléphones mobiles. Une mesure qui prendra effet à la fin de l’année. Dans les faits, le constructeur coréen n’avait pas fait évoluer sa gamme Symbian depuis 2009.

Samsung porte clairement son choix sur la plate-forme Android de Google qu’il a introduit dans sa gamme l’année dernière avec le Galaxy avant de se poursuivre avec les modèles Teos puis S et se prolonge aujourd’hui sur la tablette Galaxy Tab. Le constructeur met également en avant son propre environnement mobile Bada sur son smartphone Wave. Enfin, Samsung continue, pour l’heure, de supporter Windows Mobile dont le modèle Cetus devrait être le fer de lance de l’imminent Windows Phone 7.

Symbian a décidément du plomb dans l’aile. Avant Samsung, c’est Sony Ericsson qui avait décidé d’abandonner l’OS essentiellement utilisé par Nokia aujourd’hui. Il faut dire que la stratégie du constructeur finlandais n’est pas des plus claires, notamment face à son offre Linux Meego (disponible en version 1.0.1 depuis peu) destinée à alimenter les plates-formes haut de gamme.

Surtout, Symbian est en perte de vitesse face aux challenger iPhone/iOS, Android voire BlackBerry. Selon le cabinet Gartner, la part de Symbian sur le marché mobile devrait tomber à 30,2 % en 2014 contre plus de 41 % au deuxième trimestre cette année. Le choix de Samsung est d’autant plus décourageant pour Symbian que le constructeur est le deuxième vendeur de téléphones mobiles, derrière Nokia, avec 20 % du marché mondial environ. Pragmatique, Samsung se base sur la demande. Et la tendance des opérateurs est de se tourner vers l’Phone et Android.

La stratégie de Nokia d’acquérir Symbian en juillet 2008 pour libérer le code de l’OS en février 2010 ne semble donc pas être la bonne. Il faut dire que malgré la présence des anciens actionnaires de Symbian Ltd (Motorola, Ericsson, Psion, Matsushita…) au sein de la fondation homonyme, Nokia en a été le principal contributeur remettant en doute l’intérêt des autres acteurs pour l’OS. Et plus ça va, moins le doute persiste. Nokia a donc intérêt à multiplier les innovations de son environnement mobile s’il veut convaincre de sa pertinence. Le N8, premier smartphone Nokia sous Symbian 3, permettra de prendre la température de l’intérêt que les opérateurs et les utilisateurs portent encore à un OS qui équipe pourtant plus de 300 millions d’appareils dans le monde.


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