SAP et Business Objects : 'les synergies apparaîtront dès cette année'

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Henning Kagermann, patron de l’éditeur allemand, justifie l’acquisition du franco-américain pour 4,8 milliards d’euros

Le rachat de Business Objects par SAP avait surpris son monde. En effet, le leader mondial des progiciels ne s’était jamais lancé dans une acquisition de cette importance (4,8 milliards d’euros), privilégiant la croissance interne. Certains, du côté des analystes, ont même évoqué des doutes quant à la pertinence de cette opération. D’ailleurs, le cours de l’action de l’entreprise allemande demeure atone.

Quatre mois après le rachat, Henning Kagermann, président de SAP, tente de rassurer et d’expliquer. Dans un entretien au Figaro, l’homme explique : “On nous demande de faire nos preuves avec cette acquisition. C’est normal, c’est la première fois que nous réalisons une telle opération. Nous allons prouver que nous sommes capables de réussir l’intégration de BO. Les synergies vont apparaître dès 2008 et elles porteront vraiment leurs fruits en 2009. Nous allons également accroître la rentabilité de BO qui aura une certaine autonomie en conservant sa propre force de vente”.

Côté intégration produits, il faudra encore être patient. “Nous avons déjà neuf offres mixtes SAP et Business Objects. Mais nous présenterons de nouveaux produits conjoints dans quelques mois, lors de Sapphire” la grand-messe de SAP qui sera organisée en mai prochain.

Quant aux salariés de BO, ils ne doivent pas s’inquiéter, selon le p-dg. Il ne devrait pas avoir de plan social. Henning Kagermann préconise néanmoins que les salariés qui partiront naturellement cette année ne soient pas remplacés et que seuls les doublons dans les fonctions supports (finance, ressources humaines…) seront supprimés.

Enfin, concernant les perspectives, SAP ne s’interdit pas d’autres grosses acquisitions. Si le p-dg exclut un rapprochement avec une SSII, “Nous n’avons vraiment pas la même culture d’entreprise. Pour nous, c’est le produit qui est roi, pas les services”, il n’exclut pas de s’emparer d’un concurrent direct. “Si l’on veut compléter de manière sensée son portefeuille d’activités, il ne faut jamais exclure totalement de grandes acquisitions. Nous devons d’abord intégrer raisonnablement (Business Objects), ensuite nous regarderons plus loin. De toute façon nous ne parlons jamais à l’avance d’une grosse transaction” expliquait-il il y a peu au quotidien allemand Handelsblatt.

Reste que cette éventuelle acquisitionpourrait se faire sans lui.Henning Kagermann quittera le groupe en 2009. Il devrait être remplacé par Leo Apotheker, l’actuel numéro deux.


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