SAS reste indépendant… et bénéficiaire

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Daniel Delorge, directeur général de SAS France, nous explique la stratégie de l’éditeur de BI, les accords avec Teradata, le rachat de Teragram, analyse et concentration du marché. Une confiance confortée par des résultats 2007 en hausse de 15 % à 2,15 milliards de dollars

Votre accord avec Teradata se confirme. Qu’est-ce que cela signifie ? Abandonnez-vous le stockage de données ?Nous n’abandonnons certainement pas le stockage de données que nous avons développé dès l’origine de la société. D’ailleurs, nous n’avons cessé de l’améliorer avec le souci constant d’obtenir les meilleures performances. Et de nombreux clients l’utilisent avec satisfaction.

L’accord avec Teradata, nous permet de répondre aux besoins concernant de très gros volumes de données, leur spécialité. Ces gros entrepôts de stockage deviennent alors plus faciles à gérer, malgré l’explosion incessante des volumes à traiter. Notre intérêt réciproque consiste à intégrer plus étroitement les technologies des deux sociétés : utiliser les fonctions de Teradata depuis les applications SAS, et permettre aux nœuds Teradata d’exécuter des fonctions SAS sans passer par une autre application.

Comment cela se traduit-il concrètement sur le terrain ?

Sur le terrain, de nombreux clients, comme la BNP par exemple, utilisent déjà les deux solutions, mais sans bénéficier pleinement d’une intégration étroite. D’où cet accord. Toutefois, le calendrier de ce travail s’étale sur un an depuis octobre dernier. Pourtant, dès ce mois-ci, ces clients pourront bénéficier des premiers effets. Ainsi, les techniciens et commerciaux des deux entreprises travaillent déjà en commun pour répondre au mieux aux attentes du client.

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Ces derniers mois, le marché de la BI s’est fortement concentré. Comment analysez-vous cette situation ? La concentration du marché, avec le souci de rationalisation et de consolidation des systèmes hétérogènes, vient conforter la vision de SAS avec une plate-forme unifiée regroupant ETL, qualité des données, portail, BI, etc. Le marché répond ainsi à la recherche d’homogénéité et d’intégration globale des entreprises, visant la réduction des coûts et la rationalisation.

Second point, les utilisateurs souhaitent des applications plus communicantes, et la fin des silos. Par exemple, il n’est plus normal que le CRM ne communique pas (ou pas assez) avec la gestion des risques, ou que les solutions décisionnelles ne soient pas accessibles aux outils de gestion des campagnes.

SAS serait-il lui aussi rachetable ?

Il est tout à fait logique qu’Oracle, IBM ou SAP absorbent d’autres acteurs sur ce marché. D’ailleurs, d’autres cibles pourraient suivre. Teradata n’est pas cotée en bourse, et nos dirigeants ne sont pas vendeurs. En effet, SAS enregistre toujours une forte croissance, et dispose d’un potentiel d’investissement conséquent. De plus, Jim Goodnight, notre CEO, n’a que 60 ans !

Vous ne semblez pas effrayé par le rachat de ces mastodontes ?…

Ces Mastodontes existaient déjà sur le segment de la Business Intelligence avant la concentration. IBM a fait de la BI sans savoir la vendre, de même pour Oracle ou SAP. Car ce marché nécessite une forte spécialisation. N’ont-ils pas plutôt racheté des parts de marché ou des portefeuilles clients ? Quoi qu’il en soit, il va leur être difficile à présent de tout intégrer. En revanche, ces investissements prouvent que l’avenir est bien au décisionnel. C’est pourquoi nous poursuivons avec conviction notre core-business sur trois axes : technologique (ETL, BI…), fonctionnel (ou horizontal comme le contrôle de gestion, le risque, la finance…), et sectoriel (ou vertical, avec modèle décisionnel par métier).

Pourquoi avez-vous racheté Teragram, alors que vous disposez déjà de solutions de ‘text-mining’ ? Le rachat de Teragram vient enrichir notre offre de datamining et de text-mining existante. Cette acquisition technologique nous permet d’accélérer notre développement grâce à l’expertise de pointe de ces spécialistes. Nous conservons ainsi notre avance technologique, qui contribue également à notre différentiation sur ce marché, et l’apport de plus de valeur au client.

L’apport de valeur ajoutée… n’est-ce pas une tarte à la crème purement marketing ? En effet, la notion de valeur est très galvaudée. Pourtant, elle reste essentielle pour les entreprises. C’est pourquoi nous développons des outils pour mesurer la valeur de l’information. Par exemple, ils permettent d’évaluer et d’optimiser les campagnes (y compris avec des logiciels de gestion de campagnes marketing ou commerciales concurrents) afin de les rendre plus efficaces. De même, nous proposons des solutions en ce sens pour la supply-chain dans la distribution afin d’anticiper la demande des consommateurs, ou dans l’industrie automobile pour anticiper au mieux les éventualités de pannes, et éviter de rappeler des milliers de véhicules déjà vendus.


Auteur : José Diz
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