Sauvegarde en continu: une solution ‘française’ ?

Réseaux

A l’heure où IBM annonce la sortie prochaine d’une solution de sauvegarde “en continu” et/ou “en temps réel” (quasiment?…), une petite société lyonnaise, Intradot Labs, revendique la primeur!

Intradot Labs est une jeune société bien française, installée depuis 2002 à Vaulx-en-Velin (Lyon). Son fondateur, Nicolas Pasquier, 31 ans, a la fibre entrepreneuriale.

En 1998, quittant ATI (où il a participé à la standardisation du format DVD-Rom), il crée un portail d’information généraliste sur les DVD. C’est alors qu’il recherche une solution de sauvegarde des données en continu. Ne trouvant rien de convaincant sur le marché, il décide de développer “sa” solution sur serveur en réseau local. Le point fort a été d’y adjoindre un outil de restauration. La solution, qui pèse moins de 50 Mo, s’appuie sur un système d’exploitation à base de Linux (baptisé “Boss”), qui s’installe sur un serveur pouvant fonctionner 24H/24, et qui peut s’intégrer dans un réseau TCP/IP. L’administration/supervision s’exécute comme un service Web (à travers une simple interface Web, donc). Seule procédure à intégrer: le partage des répertoires. Cette fonction s’appuie sur Samba, un logiciel Linux qui reproduit le format de partage SMB de Windows; il en fait un relevé automatique. Tous les systèmes d’exploitation sont supportés de Windows 95, à XP, Unix et Linux, sans oublier Mac OS (X et, pour l’OS 9, rajout d’un module, Dave). Ici, pas de module ou “agent” à installer sur le poste de travail. Pour résumer, trois niveaux de sauvegarde sont assurés: – une sauvegarde primaire est accessible en partage (on récupère immédiatement les données), car le serveur de fichiers lance automatiquement la sauvegarde toutes les 2 à 5 minutes. – une sauvegarde secondaire est lancée par intervalle de 2 à 3 heures sur un second disque (sécurité oblige) – une sauvegarde tertiaire s’enclenche tous les “n” jours et, là encore, sur le second disque. Intradot Labs propose également une sauvegarde sur un support extractible (en mode ‘hotswapping’: on connecte, on déconnecte): un mini-disque USB2 de 2,5 pouces, dont la capacité est de 80 ou 100 Go, pour 150 à 200 euros). Là encore, sécurité oblige: données cryptées et compressées. “L’écriture et la restauration sont beaucoup plus rapides que sur une bande“, insiste Nicolas Pasquier. “Il est possible de restaurer l’intégralité du contenu du serveur “Boss” en mois d’une heure, grâce à la fonction “Disaster recovery”“. Et d’ajouter: “C’est une solution pour PME, donc facilement installable (jusqu’à 200 postes), avec une très faible maintenance“. Pour 5 postes, le logiciel regroupant la sauvegarde, le ‘disaster recovery’, la gestion des utilisateurs, la gestion du serveur et un module VPN pour les accès réseaux extérieurs, coûte 690 euros HT. En option, on peut y ajouter le module “serveur de fichiers” (390 euros HT). Autre option possible, un sous-ensemble “sécurité”, comprenant un serveur de mails ‘anti-spam’ et anti-virus (option: ClamAVE, SpamAssassin) est proposé 390 euros. En résumé, une configuration moyenne – PC serveur compris- se situe entre 2.000 et 3.000 euros. “Dans quelques jours, nous introduisons la version 2.2.2 qui apporte la fonction “disaster recovery” ainsi que le module d’accès distant (en VPN). Et nous préparons, pour fin 2005, une solution multi-sites reposant, entre autres, sur ce module VPN: elle permettra de concentrer les sauvegardes vers un seul serveur depuis des sites ou utilisateurs distants.” La concurrence ? Elle s’appelle RightVision, concepteur français d’appliances de connexion sécurisée à Internet (récemment racheté par Alcatel), mais également, Arkoon ou NetAscq, deux fabricants d'”appliances” de sécurité bien en vue en France. Peut-on parler de sauvegarde en continu, à distance ? “Il faut bien réaliser que le temps minimum nécessaire pour sauvegarder mais surtout pour restaurer des fichiers même à travers une connexion rapide, en ADSL ou en Wi-Fi, n’est pas négligeable” avertit Nicolas Pasquier. “Rien ne garantit que l’on puisse faire du transfert à un débit efficace de 2 à 4 Mbits/s…” Intradot Labs y travaille. Quant à IBM? Attendons d’en savoir un peu plus sur ce que le groupe s’apprête à lancer: une solution de sauvegarde à distance, lorsque l’utilisateur nomade se reconnecte à son entreprise. Oui, mais la restauration des données? En quête de partenaires et d’investisseurs

Intradot Labs, qui compte 8 salariés, recherche des partenaires et des investisseurs pour accélérer ses développements (par exemple, une version pour TPE) et étendre son réseau de distribution. Le réseau commercial en France s’appuie sur des partenaires en région (Leclere SA, à Valence, Akoba Solutions à Lyon, Eurinco, à Lyon et Paris, Infocentre à Orléans, IMS à Limoges, Oriom ou AAi à Paris…). Une antenne a été créée sur la Suisse. Contact: :

www.intradot.com.


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