S.Ballmer: ‘la Commission n’aime pas la puissance de Microsoft’

Régulations

Alors que Bruxelles revient à la charge, le p-dg de Microsoft se dit prêt “à aller jusqu’au bout” dans le conflit qui l’oppose à la Commission européenne

A l’occasion de sa venue à Paris pour signer un accord avec l’Inria afin de créer un laboratoire de recherche (cf. notre article), Steve Ballmer, p-dg de Microsoft, revient sur l’épineux dossier bruxellois.

Ce sont nos confrères du Figaro qui ont eu l’honneur de discuter avec le 22è homme le plus riche de la planète, malgré la meute de journalistes présents lors de cette signature. Le message de Steve Ballmer est clair: nous acceptons les sanctions mais nous ferons tout pour parvenir à un compromis. Rappelons que Microsoft a été condamné en mars 2004 par Bruxelles pour ‘abus de position dominante’. Outre une amende record de près de 500 millions d’euros, la firme s’est vu infliger une série de sanctions commerciales: ne plus offrir Windows Media Player dans Windows, permettre à la concurrence de mieux communiquer avec les produits de la firme, l’ouverture sous licence de 80 protocoles de communication, afin d’améliorer la compatibilité des serveurs avec ceux tournant sous Windows. Mais Microsoft traîne des pieds. Notamment sur ce dernier point. Et les relations avec Bruxelles se tendent à nouveau: courriers assassins, menaces de nouvelles sanctions… La Commission vient d’ailleurs d’adresser une énième demande à la firme en exigeant que Microsoft “satisfasse d’urgence et pleinement” ses exigences sur l’application des mesures “correctives” imposées au groupe, faute de quoi Bruxelles pourrait lui imposer de nouvelles amendes. “Si une entreprise ne se conforme pas à une décision de la Commission, elle peut être pénalisée d’une amende de 5% de son chiffre d’affaires journalier mondial”, a rapporté mercredi son porte-parole, Jonathan Todd. Et de conclure: la “patience” de la Commission européenne se compte “plus en semaines qu’en mois”. Réaction de Steve Ballmer: “Ils [Bruxelles] n’aiment pas la puissance de Microsoft. Mais nous essayons de trouver un compromis avec la Commission européenne. C’est un dossier long et complexe. Nous sommes frustrés par la forme prise par les discussions actuelles. Tôt ou tard, nous arriverons à une solution. Nous travaillons dur avec Bruxelles et nous essayons de coopérer du mieux que nous pouvons. Mais si cela n’est pas possible, nous sommes prêts à aller jusqu’au bout du procès européen”. Microsoft ne se laissera donc pas faire et ne craint pas d’éventuelles pénalités. Une broutille lorsqu’on connaît le trésor de guerre de l’éditeur. Microsoft est prêt à attendre une décision sur le fond, ce qui pourrait prendre plusieurs années. Mais Bruxelles est également à l’affût sur d’autres dossiers et se penche désormais sur le marché des mobiles où Microsoft est aussi présent: “C’est une histoire curieuse”, indique Steve Ballmer. “Je ne sais pas quel sera le prolongement de cette enquête. Mais j’en suis persuadé: nous n’avons pas de position dominante dans les équipements portables”. Et il faut également compter avec la pression des plaignants comme Real Networks (qui réclame 1 milliard de dollars à l’éditeur), de Nokia, IBM, Oracle, Red Hat qui se disent prêts à soutenir la Commission. “Partout, nous cherchons à trouver des compromis et à réduire les conflits. Microsoft n’agit pas de manière illégale. Notre but est de réaliser des innovations majeures pour changer le monde”. A coup de milliards de dollars?


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