Scandale à Wall Street

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Richard Grasso, le président de la Bourse de New York, soulève un tollé en encaissant un chèque de 140 millions de dollars, puis démissionne à la demande de son conseil d’administration

En percevant le 27 août dernier une rémunération de 139,5 millions de dollars, le président de Wall Street, Richard Grasso a fait l’unanimité contre lui, après 36 années de présence au NYSE ! La goutte qui fait déborder le vase, alors que la vague de scandales financiers qui ont ébranlé la Bourse américaine ne s’est pas encore apaisée.

En plus de l’effet désastreux de l’annonce de la rémunération auprès de l’opinion publique -une publicité dont le monde boursier se serait bien passée- le montant a été jugé particulièrement excessif, en particulier pour un homme occupant une place aussi influente. La fin d’une longue cabale Agé de 57 ans, Richard Grasso a été le principal acteur de l’ouverture de Wall Street au public, une figure dans le milieu de la finance américaine. L’accueil très froid des opérateurs et ‘traders’ new yorkais à l’annonce de la rémunération de Richard Grasso s’explique d’autant mieux que depuis 2001, ils ont dû participer pour environ 80 millions de dollars à l’évolution technologique de la Bourse. Plusieurs membres du conseil d’administration de la Bourse de New York ont donc réclamé la démission de Richard Grasso, suivant l’avis de nombreuses personnalités influentes, dont les trésoriers des puissants fonds de pension des Etats de Californie, Caroline du Nord, Iowa et New York. Les opérateurs spécialisés de Wall Street, dont le plus important d’entre eux, Michael LaBranche, ont eux aussi réclamé la démission, tout comme l’opposition démocrate. Quant à William Donaldson, le président de la SEC, équivalent américain de la COB, il a demandé des informations quant aux conditions d’attribution de la rémunération. Il pourrait aussi s’agir de la fin d’une cabale visant à éjecter le directeur de son fauteuil. Certains membres du ‘Big Board’, collègues de Richard Grasso, poussés par les opérateurs traditionnels de Wall Street, agiraient contre lui depuis quatre ans, depuis l’ouverture au public. Il briguait la présidence de la SEC Mais aussi, depuis quelques années, Richard Grasso ambitionnait de prendre la place de William Donaldson à la tête de la SEC! Or, depuis la vague de scandales qui ont ébranlé les milieux boursiers, le président de la SEC a renforcé son pouvoir, et dispose des moyens de manoeuvre contre son opposant au sein de la vénérable institution qu’est Wall Street, âgée de 211 ans. Face à une telle pression, Richard Grasso a fini par donner sa démission au conseil d’administration de Nyse (la Bourse de New York), qui la lui réclamait.


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