SFR double la vitesse de son réseau mobile en adoptant la fibre optique

Réseaux

Mise à jour logiciel des antenne relais vers le HSDPA 14,2 Mbit/s et adoption de la fibre optique permet à SFR de doubler la vitesse de son réseau mobile et d’offrir potentiellement de nouveaux services Internet en mobilité.

Parallèlement au très haut débit fixe (notamment à travers le déploiement de la fibre optique ), le très haut débit mobile avance également. Chez SFR du moins. L’opérateur vient d’annoncer un programme de mise à niveau d’une partie de son infrastructure mobile vers le HSDPA 14,4 Mbit/s (en réception) contre, au mieux 7,2 Mbit/s ou plus généralement 3,6 Mbit/s aujourd’hui.

Cette évolution passe par deux phases. D’une part, une mise à jour (logicielle) des antennes relais (GSM/UMTS/HSPA) est effectuée. Elles communiqueront ainsi entre elles plus efficacement (du moins pour celles qui seront compatibles) tout en offrant une meilleure qualité de service à aux clients (à nombre d’utilisateurs constant par antenne). D’autre part, SFR déploie la fibre en vertical. C’est-à-dire que SFR va relier en fibre optique ses antennes à son réseau fibré horizontal (entre le pied des immeubles et les équipements de l’opérateur). Une première mondiale selon SFR.

Aussi étonnant que cela puisse être, les antennes relais GSM/UMTS n’utilisent pas la fibre optique pour rejoindre le réseau de son opérateur en pied d’immeuble (ou de pylône) sur lequel elles sont installées mais des liaisons louées de type xDSL. Elles subissent donc les limites inhérentes de ce type de technologies en terme de bande passante (limitée à 20 Mbit/s théoriques environ). La construction du réseau tout en fibres optiques devrait donc considérablement améliorer la qualité des services mobiles, tant en terme de bande passante disponible qu’en offres de services. Chaque fibre sera dimensionnée pour supporter une bande passante de 100 Mbit/s symétrique.

Dans un premier temps, le HSDPA à 14,4 Mbit/s profitera aux usages professionnels de l’Internet mobile (via clé 3G USB ou puce SIM intégrées aux PC portables) avant de se généraliser aux usages grand public, notamment depuis les smartphones mobiles, nous précise-t-on chez SFR. De plus, la fibre favorisera la généralisation des technologies IP pour faciliter l’émergence de services convergents fixe-mobile, notamment. De quoi réfléchir à de véritables offres quadriple play (Internet, TV, téléphonie fixe et mobiles), un secteur sur lequel seul Bouygues Télécom s’est fortement investi avec son offre Ideo.

Il reste que seules les antennes relais des zones couvertes en fibre optique sur le plan horizontal pourront bénéficier de la nouvelle génération du réseau. Si c’est déjà le cas du 15e arrondissement de Paris, SFR entend couvrir 350 zones en 2010. Ce qui correspondra à 66 % des sites parisiens ainsi que 50 % des sites lyonnais et marseillais.

Ce nouveau réseau répond à la demande croissante en nouveaux usages. L’internet mobile a connu une croissance de 800% de son trafic de données en 2008. Il constitue désormais le service le plus utilisé après la voix et le SMS. D’autre part, cela permet à SFR de s’affranchir totalement de France Télécom, opérateur des liaisons louées ADSL. Rationalisation des coûts et gestion autonome de l’augmentation de trafic en perspective pour SFR.

A noter que le déploiement du réseau vertical pour relier les antennes relais en fibres optiques est totalement indépendant du plan de déploiement de la fibre aux domiciles des particuliers (FTTH). D’ailleurs, l’architecture réseau est différente : alors que la “fibre antennes relais” s’appuie sur du GPON (Gigabit Passive Optical Network ou réseau multipoints), le FTTH devrait adopter le point à point multifibres comme le préconise l’Arcep, le gendarme des télécoms. Ce qui, au passage, déplaît à France Télécom.

Sur la question du FTTH, SFR annonce vouloir couvrir 5 millions de foyers raccordables à la fibre optique d’ici 2012. Ses investissements de 450 millions d’euros depuis 2008 permettent aujourd’hui à l’opérateur de couvrir en horizontal 80 % de Paris, la moitié de Lyon et 50 % également de Marseille. Tout en poursuivant la construction du réseau horizontal en France, il est temps de passer au déploiement vertical pour amener le très haut débit dans les foyers.


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