SFR-Numericable : une proie idéale pour aiguiser l’appétit de Vodafone ?

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Jean-Yves Charlier, PDG de SFR

Le PDG de SFR Jean-Yves Charlier annonce un futur accord “très étendu” avec Vodafone. Ancien actionnaire de SFR, l’opérateur britannique serait-il attiré par l’odeur du câble du futur ensemble SFR-Numericable ?

« C’était une opportunité unique que nous avons saisie », explique Jean-Yves Charlier dans une interview accordée au Figaro (19/04). Le PDG de SFR fait évidemment écho à la vente de l’opérateur, remportée par Numericable au terme d’un duel acharné avec Bouygues Telecom, alors que Vivendi, la maison mère, avait à l’origine prévu d’introduire en Bourse sa filiale.

L’accord de vente finalisé, Jean-Yves Charlier est aujourd’hui chargé d’étudier la fusion des deux entreprises, même si le nom du futur dirigeant n’est pas officiellement connu. Le dossier du projet de fusion a été remis mercredi 16 avril à l’Autorité de la concurrence qui devrait rendre son avis avant la fin de l’année.

Devant Orange sur le très haut débit fixe

Si « d’un point de vue industriel, les deux projets étaient pertinents pour SFR » aux yeux de Jean-Yves Charlier, « grâce à Numericable, SFR se dote d’un outil industriel - en l’occurrence un réseau fixe de 10 millions de prises - qui pour la première fois le place devant Orange, dans le très haut débit [fixe] ». L’intégration quant à elle devrait se faire en douceur dans la mesure où les « métiers [des deux opérateurs] sont complémentaires et leurs tailles sont très différentes ». D’autant que des garanties sur le maintien de l’emploi interne ont été apportées. Le dirigeant de SFR confirme en outre que la marque au carré rouge sera maintenue pour « tout le groupe ».

Jean-Yves Charlier a également tenu à préciser que le projet de fusion ne remettait pas en cause les accords de mutualisation dans les réseaux mobiles finalisé en début d’année avec Bouygues Telecom. «  Nous avons signé un contrat pour 20 ans, qui ne comporte pas de clause de sortie pour cause de changement de contrôle capitalistique  […]  Nous allons même accélérer la mise en œuvre de nos projets de mutualisation au sens large : avec Bouygues Telecom dans le mobile et Orange dans la fibre. »

Accords avec Vodafone

Mais aussi, et contre toute attente, avec Vodafone. L’ancien actionnaire de SFR, qui avait revendu sa participation pour 8 milliards d’euros en 2011, va visiblement consolider ses liens avec l’opérateur français. «  Nous allons dévoiler dans les prochains jours un partenariat très étendu avec Vodafone qui portera sur de nombreux points, indique Jean-Yves Charlier.  Par exemple, nos clients professionnels auront un accès au réseau Vodafone partout dans le monde. » Il faut donc s’attendre à une probable extension du partenariat annoncé en septembre 2012 entre SFR Business Team et plusieurs opérateurs régionaux ou mondiaux (dont Vodafone) pour consolider les offres professionnelles à l’échelle internationale.

Si les annonces attendues restent limitées au cadre des seules offres entreprises, il n’en restera pas moins intéressant de vérifier si Vodafone ne cherchera pas à revenir dans le capital de SFR ou, plus exactement, du futur ensemble enrichi du câble. Ces dernières années, l’opérateur britannique a réalisé plusieurs acquisitions dans l’industrie du câble dans une logique de fournisseur d’offres de communications unifiées fixe-mobile très haut débit. Initié en 2012 avec le rachat de Cable & Wireless, le mouvement s’est accéléré dernièrement avec l’acquisition de l’Espagnol Ono qui succède à celui de Kabel Deutschland en Allemagne en juin 2013 et pourrait se poursuivre prochainement au Portugal. Le nouvel ensemble SFR-Numericable s’inscrira-t-il comme un partenaire stratégique dans la stratégie d’expansion de Vodafone ?

Crédit photo : Jean Chiscano

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