Sierra Wireless s'empare de Wavecom au nez et à la barbe de Gemalto

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L’OPA est amicale, elle a donc toutes les chances de réussir

Coup de théâtre dans le feuilleton de l’OPA de Gemalto sur Wavecom. On savait que le spécialiste du M2M refusait fermement les avances du géant de la carte à puce. Mais aujourd’hui, Wavecom s’est trouvé un chevalier blanc et la perspective d’un rachat par Gemalto semble s’éloigner définitivement.

On apprend en effet que la direction de Wavecom a accepté une offre amicale de rachat de la part du canadien Sierra Wireless. Ce dernier propose 8,5 euros par action Wavecom, c’est 1,5 euro de plus que la proposition de Gemalto. L’offre de Sierra valorise la cible à environ 218 millions d’euros.

Dans un communiqué il est précisé que les fondateurs de Wavecom, qui détiennent 21% du capital ont donné leur accord à cette OPA amicale. De son côté, le conseil d’administration souligne que cette offre est la meilleure pour l’entreprise et ses salariés. Bref, la messe semble dite.

“Sierra Wireless et Wavecom sont complémentaires. Les deux entreprises ont un historique similaire et une culture de l’innovation commune. Nous associer à Sierra est une unique opportunité pour Wavecom et ses clients. Ensemble, nous sommes parfaitement positionnés pour fournir l’offre la plus compétitive et devenir le leader dans le marché des données sans fil”, commente Ronald Black, p-dg de Wavecom.

Wavecom deviendra une business-unit de Sierra. La transaction devrait être bouclée lors du premier trimestre 2009.

Cette annonce surprise sonne comme un camouflet pour Gemalto et son président Olivier Piou. Celui-ci a multiplié les initiatives pour mettre la main sur Wavecom.

Gemalto a déposé son offre de rachat le 6 octobre dernier. La proposition à 7 euros par action, valorisant Wavecom à environ 110 millions d’euros, est immédiatement jugée insuffisante par le spécialiste des communications sans fil.

Quelques jours plus tard, Gemalto soutient à nouveau son argumentation : il propose un “véritable projet industriel” capable de garantir son développement, notamment à l’international. Gemalto est convaincu qu’il peut y avoir une synergie avec les applications industrielles M2M chez Wavecom, dans le secteur de la logistique et des transports, par exemple.

Début novembre, nouveau refus de Wavecom qui provoque l’ire de Gemalto. “J’aurais pu le baisser(le montant de l’offre, NDLR)avec les résultats catastrophiques du troisième trimestre (de Wavecom) et j’aurais pu le baisser avec la baisse de la Bourse”, s’emporte Olivier Piou face aux refus répétés du conseil d’administration de Wavecom. Et de s’interroger sur la capacité de la cible à conserver et à développer son rôle d’acteur sur le marché du M2M. Finalement, Gemalto menace de retirer son offre.

Pourtant, le 1er décembre, Gemalto obtient deux soutiens de poids : Colette Neuville, la présidente de l’Association de défense des actionnaires minoritaires (Adam), s’oppose aux résolutions proposées par Wavecom à son AG pour contrer l’OPA de Gemalto. “On a là la panoplie complète des pilules anti-OPA”, constate Colette Neuville dans Les Echos. Selon elle, “beaucoup de résolutions s’apparentent plus à une politique de terre brûlée qu’à des principes de bonne gouvernance”.

Par ailleurs, les salariés de Wavecom, assez discrets jusqu’à aujourd’hui, estiment en Comité d’entreprise que la proposition de Gemalto “présente un caractère favorable au développement de la société”.

L’assemblée générale de Wavecom initialement prévue le 8 décembre prochain mais reportée risque d’être houleuse, d’autant plus que le rachat par Sierra semble être acquis.


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