Signal en panne : les limites du modèle centralisé ?

Décentralisation et agilité sont-ils antinomiques ? Voilà bien longtemps que Moxie Marlinspike, fondateur de Signal, maintient cette position*. Celle-ci se reflète dans l’architecture de la messagerie : quiconque monte sa propre instance ne peut se connecter aux serveurs officiels (clients tiers non acceptés).

Cette approche rend l’organisation éponyme responsable de la disponibilité du service. Une mission qu’elle n’a pas remplie ces derniers jours… dans des circonstances exceptionnelles, il faut le reconnaître. En l’occurrence, un afflux d’utilisateurs consécutif à l’évolution de la politique de confidentialité de WhatsApp.

Au début de cet exode, Signal avait rencontré des problèmes avec les codes de confirmation d’inscription envoyés par texto. Puis il y eut, entre autres, des lenteurs pour afficher les contacts. Jusqu’à une panne d’envergure ce week-end.

« Nous avons ajouté des serveurs et de la capacité supplémentaire à un rythme record toute la semaine », affirmait Signal vendredi 15 janvier. La veille, l’organisation s’était vantée d’avoir passé les 50 millions d’installations sur Android.

Telegram monte aussi

Telegram aussi surfe sur le « WhatsAppgate ». La messagerie, portée par une entreprise privée et propriétaire côté serveur, a annoncé la semaine passée avoir franchi les « 500 millions d’utilisateurs actifs ».

La suite bureautique OnlyOffice vient de l’intégrer sur son interface. Pour les versions de bureau et autohébergées, cela passe par un module complémentaire. Pour la version cloud, par une extension pour Chrome et les navigateurs basés sur le même moteur de rendu.
Une jonction avec Telegram existait depuis quelques mois. Elle permettait de recevoir, dans la messagerie, des notifications relatives à l’activité sur le portail OnlyOffice.

* Dans la vidéo ci-dessous (tournée en 2016), Moxie Marlinspike revient en longueur sur sa perception de la décentralisation. Son principal argument : les protocoles qui adoptent cette architecture suivent difficilement le développement de l’écosystème dans lequel ils évoluent. Le décalage qui en résulte peut entraîner, en particulier, des incompatibilités… et des failles de sécurité.

WhatsApp joue la montre
La nouvelle politique de confidentialité de WhatsApp devait entrer en vigueur le 8 février 2021. L’entreprise vient de repousser l’échéance au 15 mai. Le temps de dissiper les « informations erronées » qui ont « créé l’inquiétude ».
« Cette mise à jour ne sert pas à augmenter notre capacité de partage des données avec Facebook », martèle-t-elle. Officiellement, il s’agit d’« améliorer la prise en charge des plus de 175 millions de personnes qui envoient des messages aux entreprises tous les jours ». Dans la pratique, cela aura essentiellement un effet sur la personnalisation des publicités Facebook.

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