{ SILICON – 20 ANS } – 3G : et l’Internet devient mobile

Helsinki, le 5 novembre 1999. L’Union internationale des télécommunications annonce avoir approuvé une série de spécifications d’interfaces radioélectriques regroupées au sein de la norme IMT-2000. Elles ouvrent la voie aux réseaux de troisième génération. Avec un objectif : offrir « des capacités de service multimédia par voie hertzienne, en tirant parti de la puissance de l’Internet à diverses fins : commerce électronique pour les personnes en déplacement, accès instantané aux informations personnelles ou professionnelles et loisirs ».

En Europe, c’est la techno­logie d’accès radio WCDMA qui se développe. Elle sous-tend le standard UMTS, successeur du GSM. Le Japon suit la même voie, sous l’égide du 3GPP, créé en 1998.
Les États-Unis s’enga­gent sur un standard concurrent : CDMA2000, qui exploite une version « allégée » du WCDMA. Les débits théoriques initiaux sont moins élevés qu’avec UMTS (153 kb/s contre 1,92 Mb/s) et le réseau n’offre pas les mêmes possibilités (pas d’équivalent de la carte SIM, notamment). La mise à niveau depuis la 2G est toutefois plus simple, moins coûteuse, et les opérateurs n’ont pas besoin de passer par une procédure d’attribution de licences.

Orange et SFR ouvrent leur réseau 3G

Dans ce contexte, leurs homologues européens affichent une certaine tentation de miser sur les évolutions du GSM. Dans un premier temps, le GPRS, 2,5G, est déployé en France à partir de 2000. Il relève les débits à 171 kb/s en réception et 64 kb/s en émission. Puis l’EDGE, 2,75G, arrivé dans l’Hexagone en 2005, offre 384 kb/s descendants et 64 kb/s montants. Le manque de terminaux compatibles a aussi contribué au retard dans le déploiement de l’UMTS. En 1998, l’Union européenne avait imposé à ses États membres une ouverture commerciale au 1er janvier 2002.

À cette date, seul Telenor avait lancé un réseau 3G en Norvège… mais sans clients.
En France, l’attribution des premières licences a lieu entre 2001 et 2002. Contrairement au principe des enchères, qui sera retenu dix ans plus tard pour la 4G, la sélection se fait sur les engagements et le potentiel des candidats. À eux trois, France Télécom, SFR et Bouygues Telecom déboursent l’équivalent d’environ un milliard d’euros. Bien moins qu’en Ita­lie (10 mil­liards pour quatre opérateurs), au Royaume-Uni (35 milliards pour cinq) et en Allemagne (46 milliards pour six).

HSPA+ repousse les limites

Alors que le GPRS et l’EDGE ont favorisé l’accès au WAP, la transition vers des réseaux mobiles
« orientés data » s’est affirmée avec l’UMTS. En 2002, avec le protocole HSDPA, les débits passent à 14,4 Mb/s en réception. En 2004, ils sont relevés à 5,74 Mb/s en émission avec le HSUPA.
C’est à ce moment-là qu’Orange et SFR ouvrent leur réseau 3G. En 2007, année de sortie de l’iPhone, le HSPA+ repousse les limites à 28,8 et 11 Mb/s. Les vitesses deviennent comparables à celles des accès fixes. Et les forfaits évoluent : le premier « illimité voix » , lancé en 2009, est signé Bouygues Telecom.

Les scénarios que prévoyait l’Union internationale des télécoms prennent alors véritablement forme. Le tout dans un environnement plus sécurisé que sur le GSM grâce, entre autres, à l’authentification mutuelle de l’utilisateur et du réseau. La bande passante reste, néanmoins, un plafond de verre pour certains usages professionnels, au premier rang desquels la visio.
Si ce problème se pose moins en 2020, celui de la couverture réseau demeure.

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