Skype: ‘notre nouvelle cible, les mobiles’

Régulations

Le trublion de la VoIP ne cesse d’engranger de nouveaux utilisateurs. Mais il n’entend pas se contenter du monde PC. L’intégration du service dans les offres des opérateurs mobiles se poursuit à grande vitesse

75 millions d’utilisateurs dans le monde, 1 million de téléchargements par semaine, Skype n’en finit pas de séduire les internautes. Sa téléphonie gratuite, mais aussi ses services payants, font aujourd’hui partie des poids lourds des NTIC. Surtout depuis son rachat par eBay.

“Mais tout ceci n’est qu’un début”, nous confie Jérôme Archambeaud, qui a pris les rênes du bureau français de l’entreprise. En effet, après la vidéo (avec Skype 2.0), les accords dans la grande distribution, les services pour les PME (voir nos articles), Skype confirme ses ambitions dans le mobile. En Allemagne, pour 39,95 euros par mois, il est possible de téléphoner en IP de façon illimitée avec l’opérateur E Plus qui lui donne accès à son réseau 3G (UMTS), capable de supporter la VoIP. Il est donc possible de passer des appels de façon illimitée, mais aussi d’utiliser le service SkypeOut, pour appeler des numéros traditionnels. En Suède, Skype a passé un accord similaire avec l’opérateur 3S. Evidemment, tous les appels entre utilisateurs de Skype sont gratuits. Pour le moment, ces offres sont conçues pour les cartes PC/3G à brancher sur son PC portable. “Mais très vite, elle seront portées pour les smartphones sous Symbian ou Windows”, nous explique Jérôme Archambeaud. L’arrivée de Skype et des communications illimitées dans la téléphonie mobile est une mini-révolution. Elle pourrait mettre à mal le modèle économique des opérateurs mobiles traditionnels qui voient d’un mauvais oeil l’émergence de la VoIP dans les communications mobiles. D’ailleurs, la plupart d’entre eux, notamment en France, interdisent pour le moment la téléphonie IP via leurs réseaux 3G. Des réseaux qui ont été lancés il y a un peu plus d’un an et qui demandent encore à être rentabilisés… Mais pour Jérôme Archambeaud, “les opérateurs sont très chauds et les choses avancent vite”. Et de préciser: “Pour les opérateurs, l’arrivée de Skype n’est pas un risque pour le chiffre d’affaires voix. Au contraire, ce genre de services est gagnant-gagnant pour les deux parties. Skype se présente comme un service 3G supplémentaire et à forte valeur ajoutée”, explique-t-il. Concernant la France, le patron du bureau français concède que les discussions sont en cours et que les opérateurs hexagonaux sont un peu froids. “Mais nous restons confiants pour des lancements cette année”. La concurrence s’active, Skype reste serein

La VoIP suscite de plus en plus de convoitises. Et tout le monde tente de prendre le train en marche. Microsoft, Sony, Google, Yahoo et même la grande distribution (Tesco en Grande-Bretagne) annoncent le lancement imminent de services. Mais cette concurrence ne semble pas faire peur à Skype.

“Nous sommes sereins: ces nouveaux concurrents manquent d’expertise. On ne peut pas faire de la VoIP à la légère. Si on veut bien le faire, il faut une structure. Les plates-formes qui sont basées sur une infrastructure serveur, contrairement à Skype qui utilise le peer-to-peer, sont un choix douteux”. “Ce choix de la concurrence a deux conséquences: la qualité de la voix ne sera pas à notre niveau et ils devront déployer des infrastructures gigantesques pour supporter le trafic qui croît de manière exponentielle. Nous pensons vraiment que notre choix technologique est plus pertinent. Enfin, notre légitimité et le fait que nous soyons un pur-player dans la VoIP représentent un sérieux avantage”, explique Jérôme Archambeaud. Pour autant, Microsoft, qui va s’appuyer sur sa colossale base d’abonnés de MSN pour supporter son futur service de VoIP, est considéré comme le concurrent le plus dangereux par Skype.


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