Smartphones : Alibaba s’invite discrètement au capital de Meizu

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Le site Internet chinois a annoncé un investissement de près de 600 millions de dollars au capital de fabricant de smartphone Meizu, pour accélérer sa stratégie mobilité.

590 millions de dollars, soit environ 520 millions d’euros. C’est la somme injectée par Alibaba dans Meizu. Avec cette opération officialisée lundi, le groupe Internet chinois devient actionnaire minoritaire de son compatriote spécialisé dans la fabrication de smartphones. L’investissement est stratégique : Alibaba va bénéficier d’une expertise hardware et d’un parc de terminaux pour déployer son système d’exploitation mobile YunOS, développé en interne.

Pour s’adapter à la nouvelle donne de la mobilité, Alibaba a effectivement décidé de pousser son propre environnement logiciel orienté Cloud… et d’établir des jonctions avec ses services en ligne, comme l’Américain Amazon a pu le faire avec le Fire Phone.

Le soutien financier à Meizu s’inscrit dans la continuité du partenariat annoncé au cours de l’automne : le constructeur s’engageait à implémenter YunOS sur tous ses appareils et lançait un premier modèle pour les fêtes de fin d’année, selon nos confrères d’ITespresso.

Alibaba entend fournir à Meizu « des ressources […] dans les domaines du commerce électronique, de l’Internet mobile et de l’analyse de données », tout en lui ouvrant son réseau de distribution sur le Web. Avec un objectif principal : renforcer les synergies entre les deux offres.

Cette démarche fait écho à l’appel du gouvernement chinois, qui demande aux fabricants locaux de réduire leur dépendance vis-à-vis d’Android. L’OS de Google serait installé sur près de 90 % des smartphones en circulation dans le pays.

Un galop d’essai ?

Du côté des analystes, on reste perplexe au regard de la part de marché dont Meizu est gratifié dans l’Empire du Milieu : moins de 2 % des ventes au 4e trimestre 2014. La société privée basée à Zhuhai, dans la province du Guangdong (sud du pays) a livré environ 2 millions de smartphones en trois mois. C’est moins que Xiaomi, Apple, Samsung, Huawei et Lenovo, qui détiennent à eux cinq 60 % du marché national, selon Canalys.

Auteur d’une entrée en bourse fracassante à la mi-septembre (21,8 milliards de dollars levés et l’une des plus importantes capitalisations dans le secteur Internet*), Alibaba veut croire au potentiel des smartphones, que n’exploiteraient encore « que » 400 millions de Chinois, 600 millions possédant encore un simple téléphone mobile. Mais il est difficile d’éclipser la réalité du marché. Les ventes diminuent selon les statistiques du ministère de l’Industrie : 389 millions de smartphones écoulés en 2014, contre 423 millions en 2013.

On notera enfin qu’Alibaba semble jouer sur plusieurs tableaux : fin décembre, son fondateur et principal dirigeant Jack Ma investissait dans Xiaomi… va sa structure privée YungFeng Capital, dans le cadre d’un tour de table de plus d’un milliard de dollars réunissant entre autres le groupe russe DST Global et le fonds souverain GIC, basé à Singapour.

* Alibaba affiche aujourd’hui une capitalisation de 214 milliards de dollars, supérieure à celle de Facebook (206 milliards), mais encore loin de celle de Google (363 milliards).

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