Smart cities : Sogetrel en service pour la télérelève de m2ocity

Gestion des réseauxM2MOperateursProjetsRéseaux

L’opérateur de télérelève m2ocity s’appuie sur Sogetrel pour déployer son réseau radio bas débit, squelette des futures “villes intelligentes”.

Intégrateur de réseaux informatiques et systèmes de communication, Sogetrel participe à la construction des smartcities, ces villes qui, dans un futur plus ou moins proche, dessinent une gestion optimale de son fonctionnement grâce à des services mis en œuvre par les technologies de la communication et de l’information. Partenaire régulier des opérateurs télécoms, l’entreprise a été retenue par m2ocity pour participer au déploiement de son réseau de télérelève.

Co-entreprise d’Orange et Veolia, m2ocity construit et opère des réseaux sans fil de télérelève de compteurs d’énergie et tout autre objet communicant (capteur de chaleur, de pollution, de bruit, gestion des déchets, etc.). Ces réseaux ont pour fonction première de permettre la relève à distance des compteurs sans intervention humaine mais aussi d’assurer une surveillance continue de l’infrastructure de distribution afin de réagir plus rapidement face aux éventuelles défaillances (fuites, rupture de câble, etc.) et informer les abonnés de leurs consommations. Autrement dit « donner de l’intelligence aux compteurs pour les relier aux centres de production afin de mieux en gérer les capacités », résume Xavier Vignon, président de Sogetrel.

Un réseau en étoile

Schématiquement, dans l’exemple des compteurs d’eau exploités par Veolia la typologie du réseau de télérelève est celle d’une infrastructure en étoile sans fil : un ensemble de compteurs résidentiels communiquent (dans les deux sens) avec des répéteurs qui remontent l’information vers un concentrateur (l’antenne de collecte) installée en point haut. Ce concentrateur, qui n’est autre qu’une passerelle réseau de la taille d’un PC (donc relativement facile à installer) assure l’envoi des données jusqu’au centre de gestion de l’opérateur par l’intermédiaire d’un réseau fixe (xDSL) ou mobile (3G/4G). Chaque concentrateur est en mesure de traiter un millier de répéteurs eux-mêmes taillés pour dialoguer avec 32 compteurs. A raison de plus 30 000 compteurs supportés, un concentrateur suffit donc à couvrir l’ensemble des besoins d’une ville moyenne la plupart du temps même s’il faut anticiper sur les besoins futurs et réserver des capacités. L’ensemble s’appuie sur la bande de fréquences réglementée 868 MHz. « Une fréquence basse à longue portée et qui permet de bien ‘transpercer’ les murs », indique Xavier Mignon.

Pourquoi ne pas s’appuyer directement sur le réseau mobile d’un opérateur traditionnel pour assure la télérelève ? « L’exploitation d’un réseau classique pour la télérelève n’a pas de sens économiquement et techniquement parlant, souligne le dirigeant, le réseau de m2ocity s’inscrit dans le smartgrid radio avec des petits volumes, du bas débit en basse fréquence qui doit être peu onéreux à entretenir et à faible consommation énergétique. » Équipées de simples piles électriques, les antennes des compteurs d’eau sont ainsi taillées pour une autonomie de 10 ans. D’autre part, le réseau est appelé à accueillir d’autres objets communicants en bas débit à l’avenir, à commencer par les alarmes qui équipent les résidences, en plus de capteurs divers et variés de pollution, bruit, remplissage des containers à déchets, etc. Un marché énorme.

Un simple installateur

Si Sogetrel assure dont la maîtrise d’ouvrage de déploiement de ce réseau radio bas débit, l’intégrateur n’a pas à assurer la phase d’ingénierie visant à déterminer les emplacements des points d’accès comme c’est le cas avec les projets en réseaux filaires ou mobiles haut et très haut débit pour ses clients opérateurs, collectivités, fournisseurs d’énergie, etc. Et pour cause : m2ocity profite des châteaux d’eau de son actionnaire Veolia pour installer ses concentrateurs « dans 90% des cas ». Un avantage qui supprime la problématique immobilière tout en simplifiant le processus de déploiement. « Chercher les points hauts et négocier avec les propriétaires coûte une fortune », indique Xavier Vignon.

Pour m2ocity, l’intégrateur devient donc simplement installateur. « Ce qui demande des compétences d’expertise radio et industrielles fortes, nuance Xavier Vignon. « On raisonne en milliers de compteurs, cela nécessite une gestion du risque pour installer les répéteurs sur les candélabres, et donc une gestion administrative propre aux règlement de voirie. » Bref, un vrai savoir-faire acquis au fil des ans depuis la création de l’entreprise en 1985.

42 millions de trames radio quotidiennes

Pour des raisons d’informations stratégiques commerciales, Xavier Vignon restera discret sur le volume d’infrastructures déployées par sa société pour m2ocity. « Nous couvrons Montauban, Perpignan et la zone Nord de Montpellier », concède-t-il. Un client parmi d’autres. Entre le déploiement de nouveaux réseaux et les opérations de maintenance, Sogetrel effectue 1 million d’interventions par an sur les infrastructures cuivre, fibre et radio. De son côté, m2ocity revendique aujourd’hui 1,4 million d’objets connectés (les compteurs d’eau de Veolia majoritairement), qui génère 42 millions de trames radio (information) par jour. Et ce n’est qu’un début.


Lire également
Pierre-Yves Senghor (m2ocity) : « La télérelève est très proche du monde de l’IT »
M2M : SFR et Suez Environnement investissent la ville intelligente
Le passage à la fibre, un dilemne pour les applications spécifiques ?

crédit photo © wavebreakmedia – shutterstock

Lire la biographie de l´auteur  Masquer la biographie de l´auteur