Sony veut miser sur l’innovation

Régulations

La nouvelle direction américaine du géant japonais de l’électronique grand public entend se concentrer sur les produits les plus prometteurs

Howard Stringer, le nouveau directeur général de Sony confirmé dans son poste par l’assemblée générale du groupe, dispose d’un profile rare mais très recherché au Japon, celui du chasseur de coûts. Une image qui colle à celui qui l’a précédé à la tête d’un groupe multinational japonais, le premier occidental patron d’un géant industriel nippon, Carlos Ghosn, patron de Nissan avant d’accéder à la tête de Renault.

Mais Howard Stringer, en compagnie de Ryoji Chubachi, nouveau président exécutif de Sony, ne l’entend pas de cette oreille. Les suppressions d’emplois ne sont pas sa priorité, le nouveau patron ne veut pas “utiliser une hache” pour redresser le groupe. ‘Pas’ ou ‘Plus’ ? Car Howard Stringer s’est fait connaître par la restructuration à marche forcée de la filiale américaine de Sony, un plan de restructuration nommé ‘Project USA‘, qui a quand même coupé 9.000 têtes afin de baisser les coûts annuels d’environ 700 millions de dollars. Mais le patron de Sony ne peut se permettre d’agir au Japon comme aux Etats-Unis, question de culture. Il ne peut tailler dans le groupe à la hache, comme il l’a fait dans la filiale US. Il doit donc s’attaquer autrement aux difficultés que Sony accumule depuis quelques trimestres. L’axe de réflexion sur la restructuration du groupe porte alors sur le développement de nouvelles activités afin d’assurer la croissance de ses profits. “Même si nous n’avons pas encore rendu cela public, nous recherchons en interne plusieurs domaines, dans notre R&D, desquels nous pourrions nous retirer“. Sans indiquer quelles branches seront touchées? Soit qu’elles profiteront d’une nouvelle répartition du budget de 50 milliards de dollars consacré sur l’exercice engagé à la recherche ; soit la hache restera sur l’épaule de Howard Stringer avant de couper des branches jugées malades. Dans une conférence de presse, à l’issue de leur nomination, Ryoji Chubachi et Howard Stringer ont indiqué qu’ils souhaitent redistribuer les ressources. Comment traduire ce projet autrement qu’en resserrant les gammes, et donc en coupant des branches ! “Nous devons devenir une organisation très ciblée. Nous devons débattre entre nous et nous allons réévaluer la R&D, rationaliser le développement des produits et faire en sorte que notre gamme soit cohérente et stratégiquement ciblée“. Et les têtes devraient continuer à tomber ! Les deux compères ont indiqué qu’ils prolongeront le plan ‘Transformation 60’, un plan à trois ans qui s’achèvera en mars 2006. A cette date, 20.000 emplois auront été supprimés, en priorité dans la filiale d’électronique grand public déficitaire.


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