Souveraineté numérique : le choix de Bruno « Bercy » Le Maire

La compétence « numérique » est étendue aux prérogatives de Bruno Le Maire, reconduit à la tête du très régalien ministère de l’Économie et des Finances.

La filière et ses représentants, du Cesin à Numeum, appelaient de leurs voeux la création d’un ministère du Numérique « de plein droit », plutôt que d’un simple secrétariat d’Etat.

Justement, lors de l’annonce de la composition du gouvernement d’Elisabeth Borne, vendredi 20 mai, le poste de sécrétaire d’Etat du numérique a disparu. Le sésame revenant directement à Bruno Le Maire, qui a été reconduit dans ses fonctions. Pour ce faire l’intitulé de son poste évolue et devient : ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique.

Le titre rappelle celui dont disposait Emmanuel Macron, entre août 2014 et l’été 2016, lorsqu’il était, sous la présidence de François Hollande, ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique.

Avec Bruno Le Maire, l’institution met en exergue l’ambition française de souveraineté numérique.

Depuis 1995, dix personnalités politiques* – ministres et secrétaires d’Etat – ont été en charge des technologies de l’information ou du numérique.

Le premier, François Fillon, en 1995 (gouvernement Juppé 1), fut ministre de plein exercice chargé des technologies de l’information. Quant à l’ex-secrétaire d’Etat chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques de juillet 2020 à mai 2022, Cédric O (gouvernement Castex), il était lui-même rattaché à Bercy.

Le ministère garde donc la main sur la compétence numérique. Elle est abordée sous l’angle de l’indépendance technico-industrielle et de la régulation de marchés. Une régulation diversement perçue de Paris à Bruxelles et Washington, en passant par Pékin.

Numérique ou industrie ?

Infrastructures critiques, matériels et logiciels, composants, données, services cloud, cybersécurité, capital-risque, achats IT et financements…

Autant de chantiers que Bercy devrait aborder avec ses partenaires européens. La France et l’Europe ambitionnant de disposer d’alternatives solides aux offres des GAFAM et BATX**.

Malgré tout, Bruno Le Maire ne cite pas le numérique, mais la souveraineté industrielle dans un tweet publié le 20 mai. Le message adresse, entre autres, le président de la République Emmanuel Macron et la Première ministre Elisabeth Borne.

*François Fillon, Claudie Haigneré, Éric Besson, Nathalie Kosciusko-Morizet, Fleur Pellerin, Axelle Lemaire, Christophe Sirugue, Mounir Mahjoubi, Cédric O et Bruno Le Maire.

**GAFAM : Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft | BATX : Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi.

(crédit photo de une : par Jacques Paquier / CC BY 2.0)