Stanislas Collin, PAC: ‘Les banques osent externaliser davantage’

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“Les banques cherchent des prestataires importants, capables de gérer des gros projets, ou bien des acteurs de taille moyenne, mais très pointus”, explique Stanislas Collin , consultant chez Pierre Audoin Consultants, qui dresse un panorama des besoins informatiques des banques

Où investissent les banques dans l’informatique, aujourd’hui ? En 2005, les banques ont dépensé 11,7 milliards d’euros dans l’informatique, soit 3,5 % de plus que l’année précédente. Et cette tendance devrait encore s’accroître, en 2007 et 2008. Les dépenses se concentrent sur la rationalisation des ‘back office’, car les établissements ont développé leurs applicatifs en interne. Et il faut également intégrer les différents canaux, au fur et à mesure qu’ils sont mis en place. En parallèle, la nécessité de se conformer aux nouvelles normes réglementaires, comme Bâle-II ou Sarbanes-Oxley, implique des modifications des systèmes d’information : plus de reporting, plus de gestion de la documentation électronique deviennent indispensables. Les projets dans le champ décisionnel et de la gestion de documentation électronique, le webcontent management, suscitent donc de plus en plus d’intérêt. Autre sujet, la monétique va devenir un poste important jusqu’en 2010. En effet, la mise en place du Sepa (Single euro payments area), qui doit harmoniser les systèmes de paiement au niveau européen, impose de mettre à jour des infrastructures vieillissantes. Comment les achètent-elles, et auprès de qui ? Les dépenses informatiques des banques représentent entre 5 et 10 % de leur produit net. C’est énorme. Même si l’on gagne seulement 0,5 point, c’est déjà beaucoup. Alors, les structures achats pèsent de plus en plus sur les décisions, même si être référencé sur le papier ne signifie pas être choisi. Et l’avis du DSI reste important, bien évidemment. Quoi qu’il en soit, aujourd’hui, les établissements cherchent des acteurs généralistes importants, capables de gérer des gros projets, ou bien des acteurs de taille moyenne, mais très pointus. En revanche, les petits et moyens généralistes risquent de souffrir, ou de se retrouver en position de sous-traitance. Financièrement, pour l’assistance technologique, les banques préfèrent déterminer des forfaits. C’est plus facilement contrôlable. Quel type de prestations informatiques attendent-elles ? Si la plupart des SSII ont développé des centres de services en province, dont certains spécialisés dans la finance, ce n’est pas un hasard. Tout d’abord, les banques y ont de plus en plus recours, car c’est jusqu’à 20 % moins cher qu’auprès de l’agence parisienne. De plus, cette proximité les rassure, car elles gardent un ?il : elles osent donc externaliser davantage leur TMA, ou leurs développements.


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