Start-ups : le top 100 Red Herring à Cannes.

Y a t-il une nouvelle vague d’investisseurs privés en Europe focalisés 100% start-ups émergentes ? Où se situent les nouveaux espaces de réussite dans la création d’entreprise ?

Il faut aller à Cannes au show Europe Top 100 de Red Herring pour y trouver les réponses.

Nous sommes trop souvent habitués à la vision hexagonale des choses dans ce domaine avec la série des manifestions qui s’égrènent tout au long de l’année en France, de Capital IT au forum WEB 3 en passant par les journées Tremplin du Sénat.

L’E urope Top 100 organisé par RED HERRING et son fameux CEO, Alex Vieux, ces 26 et 27 Mars derniers, nous a donné l’opportunité d’apprécier autrement la réalité du Private Equity et du Venture Capital, c’est-à-dire sous un autre angle, avec une meilleure profondeur de champ.

Elle rassemble les investisseurs en start-up de tout rang, les VC bien sûr, les internationaux qui ont un pied dans la ‘Valley‘ comme Sofinova ou Partech, les européens, ceux de Londres qui dominent la place (en nombre de transactions et montant d’investissements) et les autres. En revanche, les Russes annoncés ne sont pas venus?

Mais aussi les Angels de toutes origines, pas uniquement nos Associations françaises comme Sophia Angels, mais aussi les serial entrepreneurs qui ont vendu avant la bulle et qui jouent les gourous, tels l’allemand Straub, le danois Morten Lung ou même le Français Loic Lemeur. On peut également citer ces grandes figures du business, les anciens CEO, comme l’anglais Kevin Lomax, qui ne souhaite pas se résoudre à ne plus jouer dans la vie qu’au golf.

En bref, un rassemblement pour ovationner la fine fleur des 100 meilleures start-ups européennes sélectionnées sur un panel de plus de 700 sociétés candidates. Et pour aussi y conclure des affaires, bien sûr.

Déroulement classique avec interviews de financiers et d’entrepreneurs ; présentation en 10 mn, à la queue leu-leu, des heureux lauréats, cette fois pas forcement pour recueillir des fonds – la plupart en ont déjà levés, leurs VCs et investisseurs sont là – mais pour participer à l’écosystème et au cercle vertueux du capital risque qui coopte ceux qui ont déjà réussi dans des nouveaux tours de table, qui se montrent d’autant mieux que l’on se connaît déjà…

On est ici pour rencontrer de nouveaux VC, pour parler tendance, pour évaluer les cas qui vous ont échappé, découvrir un nouveau business model, pour élargir le relationnel professionnel auquel on est rattaché. Celui du Web 2 avec Gilles Babinet, Loïc qui n’a pas arrêté de pod-caster, VPOD TV avec Rodrigo S. Schulz et Dailymotion avec Benjamin Bejbaum, Clipperton Finance et Atlas venture, celui de la Biotech avec Philippe Pouletty de Truffle Ventures ou celui des groupe sociaux avec son mentor Benoît Grossman d’AGF Private Equity. Et ne pas oublier les cleantech et leurs Angels anglais.

Les incontournables partenaires du web et du logiciel comme Microsoft, Google et Logitech sont bien sûr de la partie, car acteurs incontournables de la ‘Valley‘ pour les rachats, sorties et LBO. Mais aussi pour les partenariats qu’ils offrent pour booster les projets avec des programmes comme IDEE de Microsoft France dont a profité le moteur de recherche hollandais en langage populaire Q-Go ou la start-up française Miyowa, leader de la messagerie instantanée pour mobile.

Le ‘bon’ cru 2006

2006 est une bonne année pour le capital risque en Europe avec l’émergence dans le Web 2.0 de deux leaders internationaux et bien français : Netvibes et son service de personnalisation de la page d’accueil , avec 10 millions d’utilisateurs, et Daily Motion et sa plateforme de partage de vidéo, avec 1 milliard de pages vues en février 2007 et sa place 72ème site mondial par l’audience.

C’est l’explosion dans les télécoms avec les opérateurs VOIP ou WiFi comme Fring, Rebtel et Truphone qui entendent mordre une bonne part du marché des opérateurs mobiles. Grand succès également dans l’électronique plastique avec Polymer Vision et Plastic Logic, ce dernier vient d’ailleurs de lever 100 millions d’euros pour une unité de production et. Et la liste pourrait continuer.

Il y a eu en Europe 1633 deals de capital risque d’une valeur cumulée de 6,55 milliards d’euros en 2006, soit un niveau proche de celui de 2000. Dont 515 en UK et 195 en France pour une valeur 875 millions. Et contrairement aux idées reçues, les VC US redeviennent candidats pour investir dans les start-ups en Europe, et ce d’autant que les sorties IPO paraissent plus évidentes ici qu’outre atlantique (90 en Europe en 2006 contre 56 seulement aux US).

Les signaux sont au vert. Les rescapés de la bulle sont désormais des valeurs sures pour la croissance, les investissements, les rachats. Les niches du Net, de l’IT et du Cleantech restent innombrables et sont autant d’appels à l’imagination des créateurs et de possibilité de création de valeur. Les récentes stars européennes, qu’elles soient françaises, allemandes, anglaises, ou israéliennes, sont les gages d’un renouveau de l’investissement privé pour la création de richesse et d’emplois.

Pierre-Antoine BAUBION

Directeur Associé Pabvision