StationRipper traque la musique sur les webradios

Régulations

Ce nouveau logiciel fait l’effet d’une bombe et est plébiscité par les internautes. Permettant de copier légalement des morcaux diffusés par les radios en ligne, il risque sérieusement de faire trembler encore une fois le marché du disque

Au moment où est dévoilé le rapport sur les solutions de filtrage des échanges de musique sur Internet (voir notre article) un nouveau programme change déjà la donne. En l’occurrence il s’agit du logiciel StationRipper. Nouvelle bête noire de l’industrie du disque qui une fois de plus n’a rien vu venir, StationRipper, inventé en 2000 par l’américain Greg Ratajik, profite de l’essor du haut débit. Ce logiciel s’apparente à un bon vieux magnétophone. En effet, il fonctionne comme un enregistreur cassette que l’on utilisait enfants pour enregistrer nos chansons et nos émissions préférées à la radio. La différence est qu’il est virtuel, super rapide et surtout intelligent. En effet, il permet d’enregistrer des centaines de programmes diffusés simultanément sur le Web et de classer les chansons en quelques minutes. StationRipper ne télécharge pas des titres partagés illégalement par d’autres internautes, il pioche dans la liste des musiques diffusées par la dizaine de milliers de webradios qui émettent en toute légalité et en continu sur le Web. Intelligent parce que si le titre que vous souhaitez n’est pas diffusé à l’instant T le logiciel le traquera pour vous et le placera sur votre disque dur. StationRipper est gratuit dans sa version standard qui permet de télécharger sur deux flux radios en même temps. Pour 15 dollars, la version complète en scanne plus de 300 ! Le plus amusant, c’est que StationRipper vient d’être reconnu légal par la Snep, le Syndicat national de l’édition. Son directeur Hervé Rony avait déjà reconnu la légalité du procédé ce qui avait fortement contribué à l’amplification du phénomène. Aujourd’hui il essaye de minimiser comme il le peut ses précédentes déclarations :

« À première vue cette pratique s’apparente à de la copie privée. Elle est donc légale. Mais il faut que l’on aille un peu plus loin dans l’expertise et examiner ce que les radios diffusent. Il faut faire la part entre la diffusion promotionnelle et la diffusion qui se substitue à la vente. » En clair, les webradios doivent éviter de mettre en ligne des albums entiers sans coupure. Ce qui laisse une marge de man?uvre aux pirates. Le cauchemar de l’Industrie du disque ne fait que débuter, tandis que les amateurs de musique sur le net peuvent souffler un peu. Un logiciel proche du « podcasting »

StationRipper fonctionne sur un principe proche du

podcasting un système qui a été « créé » par Dannie J. Gregoire et rendu populaire par le Hollandais et weblogger Adam Curry alors VJ (Video-Jockey) pour la chaîne américaine MTV. Dave Winer, pionnier du RSS décrit succinctement la technologie utilisée pour récupérer des fichiers sons numériques notamment au format MP3 depuis des sites Web sur un ordinateur ou un périphérique. Le morceau peut alors être écouté plus tard, suivant l’envie de l’auditeur. Le terme podcasting joue sur les mots broadcasting et webcasting. Il est dérivé du nom du lecteur de musique iPod, le lecteur préféré des audiophiles. Le podcasting est similaire à des logiciels d’enregistrement vidéo différé, comme le Tivo par exemple. Le Tivo vous laisse le choix de regarder ce que vous voulez, quand vous le désirez, en enregistrant et stockant de la vidéo. La différence est que le podcasting est utilisé pour l’audio et est aujourd’hui libre d’utilisation.


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