Stéphane NEGRE, Intel : “Nous évoluons plus vite que la loi de Moore”

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A l’occasion des 40 ans du micro processeur, le PDG d’Intel France répond aux questions de Silicon.fr sur la loi de Moore, le mobile, la concurrence des architectures ARM, le logiciel et l’avenir du couple Intel/Microsoft.

Silicon.fr – Stéphane NEGRE, bonjour. Le micro-processeur fête ce mois-ci ses 40 ans. La “loi de Moore” s’applique t’elle encore aujourd’hui ? Les progrès de la nanotechnologie, de l’optoélectronique ou de l’ordinateur quantique permettent-ils d’envisager un changement de paradigme dans votre industrie ?

SN – Avec les progrès technologiques successifs qu’Intel a apporté sur les transistors et le silicium, la loi de Moore est plus que jamais d’actualité. D’une manière générale, Intel développe des visions à 10 ans sur sa R&D. Cette année, en plus d’être celle des 40 ans du premier micro-processeur inventé par Intel, aura également été l’année d’une découverte majeure : le transistor Tri-Gate.

Pour l’introduction des transistors Tri-Gate dès l’an prochain sur sa prochaine génération de processeurs, Ivy Bridge, gravée en 22 nanomètres (nm), Intel a déjà reçu la distinction de “l’ innovation de l’année dans le secteur des semi-conducteurs”, du Wall Street Journal. Les progrès apporté par cette nouvelles technologies sont tant sur le plan de la performance pure – jusqu’à 37 % de performance supplémentaire à tension égale par rapport à la génération actuelle – que sur celle de la consommation énergétique, véritable enjeu de l’avenir de l’informatique. On parle d’ores et déjà d’une diminution de moitié de l’énergie consommée à performance équivalente.

Je vous laisse imaginer les appareils informatiques de demain, équipés de puces exploitant cette technologie. Il est par exemple prévu que la troisième génération d’Ultrabook (dès 2013), une toute nouvelle famille d’ordinateurs lancée en cette fin d’année 2011, disposera ainsi à terme d’une autonomie de plusieurs dizaines de jours en veille connectée, bien plus que celle d’un smartphone actuel !

Ce véritable paradigme de l’industrie du micro-processeur nous permet donc d’aller bien plus loin que ne le prédisait initialement la loi de Moore.

Silicon.fr – En 2006, Intel a cédé sa division Xscale et ses processeurs strongARM pour smartphones à Marvell. Avec le recul, estimez-vous que cette décision a été une erreur ?

Stephane NEGRE, PDG Intel France

SN – Pour répondre à votre question, Intel croit fortement au développement du marché de l’ultra-mobilité.

Deux axes de développement sont aujourd’hui suivis : tout d’abord, nous avons annoncé que pour les trois années à venir, la feuille de route des processeurs Intel Atom allait évoluer plus vite que la loi de Moore. Je rappelle que la loi de Moore prévoit initialement un doublement du nombre de transistors tous les 18 à 24 mois. Pour Atom, Intel va réduire ce laps de temps à quelques mois. Aujourd’hui, la gamme Atom est principalement gravée en 45 nm. Nous avons lancé en septembre 2011 une nouvelle plateforme, Cedar Trail, gravée en 32 nm. Attendez-vous à voir arriver les premières puces Atom en 22 nm dans peu de temps, avec les gains d’énergie et l’augmentation des performances que cette finesse de gravure, avec des transistors de dernière génération, implique.

Ces processeurs Atom forment donc notre principal atout sur le marché de l’ultra-mobilité, pour les appareils « compagnons » du PC, comme les tablettes, netbooks et smartphones.

Au-delà de ce marché spécifique, Intel propose aujourd’hui aux constructeurs de PC d’aller au-delà du traditionnel portable de 15 pouces que vous trouvez sur les rayons, en posant les bases d’une nouvelle famille de machines : l’Ultrabook. L’Ultrabook, c’est avant tout le résultat des travaux conjoints entre les équipes de l’Intel Lab IXR, où nos anthropologues travaillent sur les usages de l’informatique recherchés par la population, et les équipes d’ingénieries des processeurs.

En partant du principe, démontré, que les utilisateurs recherchent aujourd’hui la possibilité d’allier le meilleur du monde de l’ultra-mobilité et du PC traditionnel, à savoir pouvoir accéder instantanément au contenu multimédia, tout en pouvant en produire soi-même, Intel a développé un cahier des charges pour ses partenaires. Avec l’Ultrabook, nous proposons ainsi une machine versatile, légère, autonome et sans compromis sur la puissance de calcul. Pour cela, Intel va s’appuyer sur le développement de puces de la famille Core à basse tension, dès la génération actuelle (Sandy Bridge). A terme, nous prévoyons que cette famille d’ordinateurs portables devrait représenter la grande majorité des ventes sur ce marché.

Ces deux axes complémentaires sont évidemment soutenus par l’ensemble des éditeurs logiciels, pour apporter les meilleures expériences possibles aux utilisateurs (Suite de l’interview en page 2).


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