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Steve Ballmer poussé vers la sortie?

Steve Ballmer ne serait plus l’homme clé pour diriger Microsoft. C’est en substance l’analyse de David Einhorn, patron du fonds spéculatif Greenlight Capital. Selon le Wall Street Journal, l’investisseur profité de la conférence «Ira Sohn» de New York pour déclarer que « la présence continue [de Steve Ballmer] est ce qui pèse le plus sur l’action Microsoft » et qu’il serait donc temps de songer à son successeur!

David Einhorn n’a pas hésité à qualifier l’action de Steve Ballmer d’une gestion à la Charlie Brown, célèbre personnage créé par Charles M. Schulz qui se distingue par son crâne chauve (comme le patron de Microsoft) mais surtout son attitude de garçon déprimé et accessoirement maître du chien Snoopy. Bref, un personnage qui subit le poids du monde et tend à regarder le passé plus que l’avenir. C’est évidemment très caricatural concernant la figure de Steve Ballmer (à l’exception de l’absence de pilosité crânienne) mais cela tend à montrer le manque d’innovation qui caractérise l’action du successeur de Bill Gates, il y a déjà 10 ans*, à la tête du premier éditeur de logiciels mondial, selon le golden boy de Greenlight Capital.

Il est vrai que des échecs se sont accumulés sous l’ère de Steve Ballmer. A commencer par la téléphonie mobile dont l’offre s’est laissée dépasser par la concurrence, celle d’Apple en premier lieu (même si Redmond compte bien rattraper le temps perdu avec Windows Phone et son partenariat privilégie avec Nokia). La très lente installation de Bing (et avant Live Search) sur le marché de la recherche en ligne est également à mettre sur le compte du dirigeant, voire celui de Windows Vista (heureusement comblé par les bons chiffres de Windows 7 qui ne se traduisent pourtant pas de manière positive dans les résultats) alors que les solutions Office se voient attaquées par les offres alternatives, libres ou non, et notamment en ligne. Oublions les expériences du baladeur Zune et autres tentatives de téléphones sous Windows Mobile ainsi que la quasi absence de Microsoft du monde des réseaux sociaux (sauf à considérer Messenger comme une plate-forme socialisante). Seule la Xbox, aidée de Kinect, semble décoller dans le catalogue de Redmond.

Qui plus est, la communication confuse de Steve Ballmer sur la disponibilité de Windows 8 en 2012 immédiatement corrigée par Microsoft, ne joue pas en faveur d’une image d’un dirigeant à la stratégie clairement définie. Certes, ce n’est pas avec ses 0,11 % du capital de Microsoft que Greenlight Capital va faire pencher la balance. En revanche, la réputation de fin analyste de David Einhorn pourrait intéresser plus d’une oreille attentive. L’homme s’était distingué en repérant avant tout le monde (du moins publiquement) le désastreux état de la banque Lheman Brothers en 2007. Le visionnaire réussira-t-il à mettre à la porte «l’homme du passé»?

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