Dominique Thomas, STMicroelectronics : « le brassage d’idées au quotidien est important »

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Dominique Thomas - STMicroelectronics © STMicroelectronics

Entretien avec Dominique Thomas, de STMicroelectronics, qui nous parle des relations entre le centre commun de microélectronique de Crolles et le monde de la recherche. Une nuée de partenaires gravite autour du site.

Dominique Thomas, directeur des partenariats de recherche et directeur du centre commun de microélectronique de Crolles, a abordé avec nous le sujet crucial des partenariats. Une stratégie qui permet à STMicroelectronics d’être aujourd’hui au centre d’un des cinq grands clusters mondiaux du secteur des semiconducteurs.

Les partenariats, Dominique Thomas les connait bien. Le centre commun de microélectronique de Crolles est en effet un GIE regroupant STMicroelectronics et le CEA-Leti. « Les chercheurs détachés à Crolles peuvent ainsi profiter de l’environnement industriel du site », indique-t-il.

Des partenariats de recherche par dizaines

La coopération avec les laboratoires français passe par l’accueil de doctorants. Environ 120 (40 nouveaux par an) circulent ainsi entre le site de Crolles et les laboratoires.

Tous les laboratoires sont concernés, même si STMicroelectronics forge des liens particuliers avec certaines structures partagées, mettant en place des projets pluriannuels : LTM (Grenoble), IMS (Bordeaux), IEMN (Lille), etc.

Des liens sont également tissés avec diverses universités européennes (en Allemagne, en Belgique, aux Pays-Bas, en Suisse…), américaines (dont les plus prestigieuses : Berkeley, CalTech, Carnegie Mellon, Michigan, le MIT, San Diego, Stanford…) et même canadiennes (Sherbrooke et Toronto).

Tamiser les connaissances issues de la recherche

« Nous allons chercher beaucoup de connaissances à l’extérieur », annonce Dominique Thomas. Et d’expliquer : « À chaque nouvelle avancée, les options sont nombreuses. Grâce aux universités, nous pouvons faire travailler des doctorants sur des sujets très divers. »

Les résultats issus de ces travaux de recherche sont tamisés par STMicroelectronics qui se focalise alors sur ce qui est industrialisable.

La recherche à « très large spectre » est donc confiée aux universités. D’autres partenariats (d’ordre plus local, ou avec des sociétés privées) permettent ensuite de définir des applications pratiques. Enfin, la mise en place industrielle est le fruit de la recherche de STMicroelectronics. L’entonnoir se resserre ainsi pour aller de l’idée au processus industriel.

Tout ce travail de recherche débouche sur des publications communes entre les laboratoires et le fondeur. « Une quarantaine par année, dont plus de 25 sont présentées dans les conférences majeures du secteur. » Un bel effort. Notez que sur les 500 à 600 brevets déposés chaque année par STMicroelectronics, une centaine vient de Crolles (et un nombre non négligeable de Grenoble).

L’importance de la dimension spatiale

« Nous recherchons des partenaires partout dans le monde, mais nous avons aussi besoin d’un écosystème actif autour de nous », précise Dominique Thomas. Ceci explique, par exemple, l’implication de la firme dans la mise en place du pôle de compétitivité Minalogic.

En fait, la recette est simple : elle consiste à réunir un maximum de têtes pensantes en Isère, afin de créer une ambiance de brainstorming permanent, propice à l’innovation.

« Il est difficile de prospérer tout seul. Le brassage d’idées est important au quotidien. »

Crédit photo : © STMicroelectronics


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