Stockage: Sun et HP contre-carrent l’initiative ‘Aperi’ d’IBM

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Sun, aux côtés de HP, apparaît comme l’instigateur d’un retrait de l’initiative Aperi, lancée par IBM en 2005 autour des projets SMI-S de standardisation de l’association SNIA. Et trois autres frondeurs suivent: EMC, Hitachi et Symantec

Avant hier, Sun Microsystems déclarait publiquement son retrait de l’initiative APERI, introduite par IBM à l’automne dernier. Celle-ci visait à fédérer une standardisation des procédures de stockage conformément au programme de l’association SNIA – le modèle SMI-S.

Ce 22 juin, Sun et HP, rejoints par EMC, HDS (Hitachi Data System) et Symantec, se sont ligués pour réaffirmer leurs engagements en faveur de standards. En clair, ils font sécession et affirment vouloir accélérer le “programme” SMI-S (storage management initiative specification). Alors, qui joue vraiment la carte de la standardisation? L’objectif de tous ces acteurs mécontents, qui à eux cinq occupent une part de marché supérieure à 50 %, est d’apporter des fonctionnalités avancées et des interfaces programmables afin de proposer un ‘framework’ de services Web pour la gestion avancée du stockage. Donc de construire autour de SMI-S “Une plate-forme ‘pluggable’ construite sur des standards pour développer plus rapidement et à moindre coût des services à valeur ajoutée de gestion du stockage.” Mais alors, pourquoi s’ils travaillent sur un objectif commun s’opposent-ils tous à IBM au point de faire sécession ? Une partie de la réponse vient d’EMC, qui reproche à Big-blue d’avoir averti la presse sur l’évolution de l’initiative Aperi avant même d’en avoir informé les membres de l’association. Objet futile ou véritable contradiction ? La réaction des géants du stockage cache probablement un problème plus profond. Et d’abord une ranc?ur contre IBM, et le reproche caché de chercher à tirer la couverture à lui. Une crise révélatrice aussi de la difficulté à instrumenter les environnements de stockage hétérogènes afin de faciliter l’interopérabilité sur la base de standards. Chacun participe aux projets de SNIA mais conserverait l’idée d’imposer sa technologie propriétaire comme standard, quant ce n’est pas de la protéger? Pourtant, le mouvement est en marche, sous la pression des intégrateurs comme des clients. Les éditeurs ont commencé à prendre l’initiative d’implémenter SMI-S dans leurs solutions de gestion des ressources du SAN. La pression se fait d’ailleurs de plus en plus forte, car le stockage est devenu une priorité. Sun, de son côté, confirme qu’Aperi n’a pas été explicitement présenté comme une nouvelle branche de SNIA, ce qui tendrait à confirmer qu’IBM serait allé trop vite en besogne. Mais l’éditeur va plus loin, et souhaite remettre à plat les modes opératoires de l’association. Quant à IBM, il a tenu à rappeler son implication au sein de SNIA et le rôle majeur du modèle Open Source sur le projet Aperi. Les géants du stockage, en prenant un prétexte aussi futile pour affirmer leurs divergences, démontrent plutôt qu’entrouvrir la boîte de Pandore sur la convergence des standards ne peut se satisfaire des ambitions individuelles. Et de laisser penser qu’IBM cherche à trôner sur l’association, ce qui pourtant n’est pas le modèle collaboratif soutenu. En revanche, en adoptant très vite la démarche de l’Open Source, IBM a pris de l’avance et maîtrise certainement mieux cette approche originale et souhaitée par une partie des utilisateurs tant qu’elle abonde dans le sens de l’interopérabilité. C’est sans doute à ce niveau que se place la bonne analyse du clash. Au final, SMI-S s’impose, mais pas aux conditions d’IBM ! Sous quelles conditions alors ?


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