Sun fait le point : Sparc, Opteron, stockage et Solaris

Régulations

Sun Microsystems se remet et ne manque pas de le souligner lors de son point trimestriel, avec forces annonces et perspectives

Retour à la croissance pour Sun ? Il est sans doute prématuré de l’affirmer, mais de toute évidence le fabricant va mieux. Il devrait profiter des nouvelles orientations imposées par son équipe dirigeante renouvelée, emmenée par Jonathan Schwartz.

D’un côté, même si les résultats du groupe restent inquiétants, la trésorerie est bonne, et même largement excédentaire, avec l’appui de Microsoft qui permet à Sun de bénéficier d’une réserve de 7,5 milliards de dollars. Quant aux ventes, Sun continue de privilégier les chiffres de livraisons de machines au chiffre d’affaires, avec une progression de 35% en un an des ventes unitaires, et des parts de marché Unix en France qui placent l’éditeur en position de leader, selon Gartner. Les activités du groupe ont été restructurées autour de quatre divisions : Sparc, x86, stockage et logiciels. Et quatre tendances majeures pour le quatrième trimestre? Sun persiste et signe sur UltraSparc Deux nouvelles lignes de serveurs. SunFire V890 est un serveur 8 processeurs en 16 threads. SunFire V490 est un serveur rack à 4 processeurs en 8 threads. Tous deux en technologie UltraSparc IV Multithreading sous OS Solaris 8,9 ou 10. Rappelons que l’UltraSparc IV est un processeur dual core, 2 threads et 8Mo de cache L2 par chip. Ces nouveaux modèles ne prennent pas la place des SunFire V480 et 880, sous UltraSparc III, qui restent au catalogue. Sun persiste avec l’Opteron d’AMD Avec environ 250 serveurs livrés, Sun entre sûrement sur le marché des serveurs Opteron 32/64 bits, et occupe dès à présent 2,5% de part du marché. Un bon début qui reste cependant à confirmer. Deux nouveautés pour la division x86 : le serveur SunFire V40z est un serveur 4 processeurs Opteron à prix très agressif (à partir de 8.300 euros), presque une première sur ce marché sur lequel seul HP est présent. Côté puissance, les gains de performance annoncés peuvent atteindre les 76% par rapport à une configuration Xeon 64bits, ce qui démontre l’avantage de l’architecture Hypertransport d’AMD. Plus inattendue, une station de travail Opteron, Sun Java Workstation, qui se décline en deux modèles, W1100z mono processeur (à 1.950 euros) et W2100z bi processeurs (2.600 euros). Ces deux modèles font l’objet de promotions avec remise de 35% destinées aux ingénieurs certifiés Red Hat, SuSE, Solaris ou Windows. Et pour distribuer ses gammes x86, Sun renforce sa présence sur le terrain en recherchant des distributeurs par le recrutement de revendeurs. Et une promotion exceptionnelle sur les Java Workstation destinée à séduire les ingénieurs certifiés Windows. Sun annonce Solaris 10 La dernière mouture de l’Unix propriétaire de Sun, Solaris, se prépare à envahir les serveurs UltraSparc et x86 vers la fin novembre, et se pare de nouveautés techniques, dont le support de Sun Cluster 3.1. Mais le plus intéressant est sans nul doute le support en mode natif des binaires Linux. Pour résumer, Solaris 10 exécutera directement les applications Linux professionnelles. Si ces dernières suivent la norme LSB, d’où la mention ?professionnelles‘, le support natif permettra leur exécution sans émulation. Et donc la possibilité de faire cohabiter des applis sous différents OS dans des containers différents ! Solaris 10, dans ses deux versions Sparc et x86 – cette dernière sera annoncée en même temps que la traditionnelle Sparc – pourrait ainsi devenir le point central de la stratégie de Sun vis-à-vis de la communauté Linux, en leur permettant de profiter du support de Sun sur le matériel et l’OS, mais tout en distribuant leurs applications. Sans parler des clients services de Sun, qui pourront ainsi profiter des deux mondes. Une version open-source de Solaris 10 est à l’étude, c’est confirmé ! Sun renforce son offre stockage En marge du Salon Stockage, nous évoquons les annonces stockages de Sun sur un article spécifique. Et le service ?

A évoquer le matériel et les logiciels, on en oublierait presque que la principale activité de Sun France, avec 40% des revenus de la filiale, provient des services.

L’approche ?manage servicies‘ de Sun est essentiellement orientée vers l’accompagnement des équipements de stockage, constructeur oblige, et répond aux objectifs de réduction budgétaire des entreprises. Mais toute la difficulté du suivi des équipements provient de l’intégration des environnements hétérogènes. Le discours de Sun sur Linux est ici particulièrement intéressant. La division services couvre bien évidemment Solaris, mais reste prudente sur Linux avec une gamme de services plus limitée. On y décèle clairement les limites des constructeurs avec l’environnement libre? Assurer le service, certes, mais pas au même niveau qu’avec un Solaris propriétaire et des ressources disponibles en interne. La force du communautaire est aussi sa limite ! En cas d’intervention sur le code, Sun, comme ses confrères, sont tributaires de la communauté des développeurs, et de ses faiblesses, ce qui ne permet pas de proposer un même niveau de garantie. Mais avec l’intégration du support binaire des applis Linux dans Solaris 10, Sun risque de rencontrer une multiplication de l’hétérogénéité des configurations de services !


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