SUSECon 2013 – Nils Brauckmann : « la moitié des charges UNIX ont basculé vers Linux »

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Nils Brauckmann SUSE © Silicon

Pour Nils Brauckmann, président et general manager de SUSE, l’activité de cet éditeur de solutions open source reste centrée sur sa distribution Linux et sur sa capacité à prendre en charge des applications critiques. Comme le montrent les partenariats avec IBM ou SAP.

De notre envoyé à Buena Vista Lake – En prélude à la seconde édition de la SUSECon, qui démarre ce mardi à Lake Buena Vista (Floride), Nils Brauckmann, président et directeur général de SUSE (business unit du groupe Attachmate), est revenu sur les résultats de l’entreprise.

« Toutes les régions que nous adressons (Amérique du Nord, EMEA, APAC, LATAM…) ont progressé », indique-t-il. Attachmate ne s’est donc pas trompé en redonnant à SUSE son indépendance vis-à-vis de Novell.

« L’Amérique du Nord est la région qui croit le plus rapidement. » Et en Europe ? « Le marché EMEA progresse aussi, avec une base client solide. » Reste que les parts de marché de SUSE (éditeur d’origine européenne, rappelons-le) étant importantes dans cette région, la croissance se montre plus faible qu’outre-Atlantique, où tout ou presque reste à réaliser.

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Les partenariats comme fer de lance

Il est parfois difficile de s’y retrouver dans la masse de produits que fait vivre la société. Dans un entretien réalisé après le point presse, Nils Brauckmann tente d’éclaircir ce point en faisant le distinguo entre les solutions horizontales et les offres verticales.

« SUSE Linux Enterprise (SLE) est par définition une solution horizontale. C’est à partir d’elle que nous créons des produits spécifiques en nous adaptant aux spécificités de chacun (d’où le slogan actuel de l’éditeur ‘we adapt’, NDLR). Il y a les partenariats avec les ISV (software) et IHV (hardware) ; avec SAP ou IBM par exemple. Nous avons également adapté nos solutions à des segments de marché comme le retail (avec des offres Point of Sale, NDLR) ou le HPC (calcul de haute performance, NDLR). »

Parmi les grands constructeurs partenaires de SUSE, citons : IBM, HP, Dell, Fujitsu et Cisco. La plupart des constructeurs certifient aujourd’hui leurs serveurs pour les offres de SUSE. Toutefois certains se démarquent, tel IBM. Grâce à cette collaboration de longue date SUSE dispose en effet de parts de marché importantes sur les gammes Power et mainframe de Big Blue.

Côté ISV, le contrat majeur est sans conteste celui qui lie SUSE à SAP. Pour rappel, SUSE Linux Enteprise Serveur (SLES) est le seul OS certifié pour HANA. Toutes les appliances HANA, quel que soit le constructeur, sont donc des serveurs SLES. Autres partenariats à noter, ceux signés avec VMware et Microsoft.

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Etre prêt pour la nouvelle vague

Quels sont les produits les plus stratégiques du catalogue de la firme pour ces prochains mois ? Nils Brauckmann n’hésite pas : il s’agit de la distribution Linux, additionnée de ses extensions temps réel et haute disponibilité.

Et d’expliquer : « la moitié des charges UNIX ont basculé vers Linux. Restent les applications critiques les plus exigeantes. » Or, plus la criticité monte et plus SUSE se sent à l’aise. En témoignent ses parts de marché dans le monde des supercalculateurs ou ses produits dédiés aux mainframes IBM et aux solutions SAP.

Et côté matériel ? Certes, l’objectif numéro un de SUSE reste de permettre un abaissement des coûts en proposant de migrer les tâches des serveurs RISC vers des serveurs x86. Toutefois, l’éditeur n’en oublie pas pour autant les autres solutions.

Nils Brauckmann nous confie ainsi que SUSE travaille en contact direct avec IBM pour sa prochaine génération de machines Power (qui présente bien des avantages, voir « Le Power8 d’IBM sera jusqu’à trois fois plus véloce que le Power7 »).

Concernant le marché des serveurs ARM, un effort coordonné entre SUSE et la communauté openSUSE permet aujourd’hui de proposer un support de premier ordre de cette architecture de processeurs. Un travail de poisson-pilote effectué sous l’égide du projet openSUSE, mais qui pourra être décliné par la suite en une offre commerciale. « Si ARM se fait une place sur le marché des serveurs, on sera là », conclut notre interlocuteur.

Crédit illustrations : photo de une © Silicon / infographies © SUSE


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