Sylvie Chauvin, Markess : « Les DSI payent l’accumulation des couches techniques dans le SI »

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Pour Sylvie Chauvin, présidente du cabinet d’études Markess International, les DSI doivent poursuivre leur chantier de rationalisation du millefeuille technique que constituent les systèmes d’information. Tout en prenant part aux stratégies numériques que lancent les directions générales.

Silicon.fr : Quel bilan tirez-vous de cette année 2013 qui vient de s’achever, année plutôt marquée par la contraction des budgets IT ?

Sylvie Chauvin : D’abord, il faut garder à l’esprit que Markess n’étudie pas les budgets relatifs au maintien en condition opérationnelle, mais uniquement les projets innovants qui vont justement permettre de diminuer les investissements dans les systèmes historiques. Ce que nous observons, c’est que, même si la fossilisation des systèmes anciens reste une réalité, les projets de modernisation par le numérique se multiplient. Dans les entreprises cotées, il est devenu de bon ton de mettre sur pied une stratégie numérique. C’est évidemment un excellent signal car ce type de plan stratégique implique un sponsoring fort de la direction générale. En parallèle, cela signifie aussi que les directions générales sont de plus en plus soucieuses de rationaliser les investissements existants pour lancer ces chantiers numériques. D’où la pression qu’ont connu les DSI sur leur périmètre budgétaire traditionnel.

Quel rôle jouent les DSI dans le lancement de ces stratégies numériques ?

Ils assurent souvent le pilotage et l’exécution du chantier. Même si les budgets en question sont souvent portés par les directions métiers et les directions générales. Par exemple, sur des chantiers de dématérialisation – un des domaines que nous étudions régulièrement -, le pilotage est souvent assuré par les DAF, mais les DSI sont parties prenantes sur des enjeux liés à la sécurité notamment. Idem pour le déploiement d’applications en mode Saas : certes, ce recours à l’application dans le Cloud était au départ un moyen de bypasser la DSI, mais cette dernière est aujourd’hui en train de revenir dans la boucle.

Quelles sont les pistes les plus intéressantes pour faire baisser le coût des systèmes existants ?

Le Iaas et le Paas certainement. Les investissements des entreprises sur ce terrain sont aujourd’hui très importants. S’il s’agit bien d’une forme d’externalisation des infrastructures IT, ces investissements sont porteurs de retour sur investissement d’après les premières constatations et constituent un moyen pour la DSI de créer de nouveaux modèles de diffusion de services. Le Cloud amène une notion de flexibilité inconnue avec l’infogérance, où faire évoluer les contrats demeurait très difficile. Reste que pour arriver à un environnement Cloud, il faut suivre un certain nombre d’étapes assez complexes, pour passer de la virtualisation à l’automatisation de l’approvisionnement. Cela prendra donc du temps.

L’autre domaine prioritaire pour les DSI concerne l’évolution du poste de travail avec la mobilité. En logiciels et services, on estime que ce marché, où on assiste à une prolifération de petites sociétés proposant des solutions mobiles, a atteint 2 milliards d’euros en 2013, dans l’Hexagone. Et qu’il connaîtra une croissance de 30 % l’an en 2014 et 2015. Les décideurs IT ont là l’occasion de se positionner d’emblée sur des chantiers de transformation sur lesquels les métiers restent timorés du fait de la complexité technique de ces projets.

Quelles seront à votre avis les tendances marquantes pour 2014 ?

Les tendances à l’œuvre en 2013 vont se maintenir et s’accentuer. Les stratégies numériques à l’échelle d’une entreprise ont été lancées l’année dernière par des pionniers, elles vont s’étendre à de plus en plus de sociétés à mesure que les directions générales comprennent de mieux en mieux le rôle du numérique dans la transformation de l’entreprise. Mais ce ne sera pas simple, car les chantiers de ce type restent difficiles à coordonner.

De son côté, la DSI devra poursuivre ses efforts de rationalisation. Elle est en train de payer l’accumulation des couches techniques qui constituent aujourd’hui les systèmes d’information. La position du DSI est difficile à tenir et exige des profils bicéphales, capables de conjuguer rationalisation et innovation. Car les DSI doivent être partie prenante des projets de transformation majeurs de leur organisation.


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