Symantec et Kaspersky, persona non grata dans les administrations chinoises

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La Chine continue son repli dans le numérique en écartant les solutions de sécurité de Symantec et Kaspersky pour ses administrations.

Il ne se passe pas une semaine sans que les rapports tendus entre la Chine et les États-Unis concernant le cyberespionnage ne rejaillissent sur l’activité commerciale. Face aux accusations et aux révélations de l’affaire Snowden, la Chine a décidé de faire le ménage dans ses prestataires IT et entend bien pousser ses solutions nationales en lieu et place de celles venant de l’étranger.

Preuve de ce protectionnisme numérique, la décision du gouvernement chinois, selon l’agence de presse Xinhua, de retirer de la liste des offreurs de sécurité pour les administrations, Symantec (d’origine américaine) et Kaspersky (d’origine russe). Cette liste ne comprend plus dès lors que 5 éditeurs de sécurité, tous nationaux : Qihoo 360, Venustech, CAJinchen, Beijing Jiangmin et Rising. Selon Reuters, Symantec n’a pas souhaité faire de commentaires et Kaspersky a expliqué, via son porte-parole Alejandro Arango, vouloir « enquêter et engager des discussions avec les autorités chinoises sur cette question. C’est prématuré pour avoir des détails supplémentaires ».

Un impact financier non négligeable

Cette décision peut avoir un impact important pour les finances des sociétés écartées. Ainsi, Symantec a réalisé dans la zone Asie-Pacifique un chiffre d’affaires en hausse de 10% à 1,2 milliard de dollars lors du dernier exercice fiscal clôt au mois de mars dernier. Pour Kaspersky, aucun chiffre n’est disponible, mais le marché chinois est souvent considéré comme une priorité pour la plupart des éditeurs de sécurité.

Cette escalade dans le protectionnisme numérique ne touche pas que les éditeurs de sécurité. Cisco et Microsoft sont également dans le viseur des autorités chinoises. Pour la firme de Redmond, Windows 8 a été écarté des administrations et les différents bureaux de l’éditeur en Chine ont été perquisitionnés dans le cadre d’une enquête sur un possible abus de position dominante. Un moyen de faire payer à Microsoft la fin de support pour Windows XP, OS  majoritairement utilisé dans l’Empire du milieu.

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