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Syntec Numérique : la der de Guy Mamou-Mani

L’Assemblée Générale du Syntec Numérique, qui se tenait mercredi 8 juin, avait un parfum un peu particulier. C’était en effet la dernière que présidait Guy Mamou-Mani (par ailleurs co-président d’Open), qui, à l’issue de deux mandats (6 ans), s’apprête à céder son fauteuil, comme le prévoient les statuts de l’association. « Je vous laisse un Syntec Numérique en pleine forme », s’est réjoui Guy Mamou-Mani, lors d’une soirée où administrateurs et permanents ont réservé quelques surprises à celui qui sera remplacé dans le courant de la semaine prochaine.

Guy Mamou-Mani a notamment souligné que l’organisation flirtait désormais avec les 2 000 adhérents (avec 300 nouveaux membres en 2015) et qu’elle disposait d’une année de trésorerie devant elle. Signalons que, dans le cadre du programme 5000 start-up lancé en juin dernier, 250 jeunes pousses sont déjà membres, selon le futur ex-président. Les deux mandats de Guy Mamou-Mani resteront avant tout marqués par la nouvelle posture du syndicat, symbolisé par le changement de nom qu’il a orchestré (de Syntec Informatique à Syntec Numérique) et par la nouvelle dénomination des SSII, officiellement devenues les ESN (Entreprises de service numérique).

L’hommage d’Axelle Lemaire

Durant ces six années, le Syntec Numérique s’est aussi illustré par sa volonté de rééquilibrer les relations entre prestataires et donneurs, une volonté symbolisée par le rôle de l’organisation lors de la reprise en main de SFR par Patrick Drahi, ou par sa défense du Crédit impôt recherche, soumis aux interprétations à géométrie variable de Bercy. « Nous voulons aboutir à une évolution efficace de ce dispositif, c’est une priorité du gouvernement », a confirmé la secrétaire d’Etat au Numérique, Axelle Lemaire, présente lors de l’AG.

Axelle Lemaire lors de l’AG du Syntec Numérique.

La ministre ne s’est pas privée de rendre un hommage appuyé au président sur le départ : « son engagement est allé au-delà de la défense des intérêts corporatistes, en incluant en particulier l’enjeu de la formation », dit-elle. Guy Mamou-Mani s’est aussi beaucoup engagé personnellement pour la défense de la place des femmes dans la profession, avec un succès mitigé toutefois : celles-ci ne sont que 27 % dans le secteur (et seulement 13 % en école d’ingénieurs). En janvier 2016, Guy Mamou-Mani a été nommé au Haut Conseil pour l’Egalité entre les femmes et les hommes.

De Bentzmann ou Zapolsky ?

Deux candidats sont en lice pour prendre la succession. Godefroy de Bentzmann d’un côté. Déjà vice-président de Syntec Numérique, ce dernier apparaît comme le grand favori de l’élection qui se tiendra le 15 juin. Ce dernier a mené une campagne publique discrète. Chez nos confrères de l’Opinion, il indique vouloir consacrer 50 % de son temps au Syntec Numérique. Son programme, intitulé « En avant demain ! », prévoit notamment une relance des négociations sur le temps de travail, la création d’un CAPES informatique, un poste de permanent de l’association à Bruxelles et la multiplication des rencontres entre start-up et grands groupes. Godefroy de Bentzmann prône aussi une plus grande ouverture du Syntec Numérique sur des dossiers comme la ville, l’écucation ou l’industrie 4.0.

L’analyse prédictive au service de l’emploi

Son challenger ? Alexandre Zapolsky, 39 ans, Pdg de Linagora et par ailleurs président de la commission international de Syntec Numérique. Sur son site, ce dernier présente son programme, plaidant pour un « syndicat de réforme » et pour la création d’une grande fédération du numérique réunissant d’autres organisations professionnelles (Tech in France, Eiffel, France Digitale…). Un vœu déjà formulé par Guy Mamou-Mani, mais que ce dernier n’a pu mener à bien. Alaxandre Zapolsky, qui s’engage à consacrer un tiers de son temps au syndicat, y présente d’autres idées comme le développement d’une plate-forme d’analyse prédictive pour anticiper l’évolution des compétences, le renforcement de la présence européenne de l’organisation, en s’appuyant sur l’axe franco-allemand, ou encore la création d’un think-tank du numérique en interne.

A lire aussi :

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