T. Nitot (Mozilla) : « Nous invitons les entreprises à communiquer si elles utilisent Firefox »

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En temps de réduction budgétaire, se tourner vers les solutions Mozilla, gratuites, est un choix audacieux mais payant, selon le président de Mozilla Europe.

Après la gendarmerie nationale, c’est au tour de la direction générale des finances publiques (DGFP) d’annoncer s’être dotée de solutions libres et gratuites de Mozilla. Thunderbird, la boite mail du panda roux, va ainsi être déployée sur pas moins de 130.000 postes. Une tendance ? La question a été posée à Tristan Nitot, le président de la Fondation Mozilla pour l’Europe.

Dans la bataille opposant Mozilla à Microsoft, chacun avance ses arguments. D’un côté la gratuité, de l’autre le suivi. Toujours est-il que depuis la fusion de la direction générale des impôts (DGI) et de la direction générale de la comptabilité publique (DGCP), la nouvelle entité a profité de l’arrivée à expiration des coûteuses licences pour changer de solution. La plupart sont donc passés, après un «déploiement test » sur 4.000 machines, de Microsoft Outlook ou IBM Lotus Notes pour le service de messagerie Thunderbird.

Le président de Mozilla Europe explique : « Même au ministère des Finances les restrictions budgétaires existent. Désormais, les budgets sont serrés et certains font des choix, certes audacieux, mais moins coûteux.Il poursuit, les utilisateurs ont toujours le choix. Soit ils disposent d’une boite noire déjà faite soit d’un outil que l’on peut modifier afin d’inventer des usages nouveaux. C’est dans ce sens que je vois naître l’innovation. Il s’agit de ne pas tout simplement se brider».

Difficile donc de parler véritablement de tendance ou de migration générale vers des solutions libres. Si certaines administrations comme la gendarmerie ou une partie de l’Education nationale ont migré vers des outils open source, reste que le choix se fait souvent partiellement (Serveurs Linux) plutôt qu’uniquement vers le poste utilisateur.

A ce sujet, Tristan Nitot commente : « Même si elles ne contribuent, en général, que très peu à l’évolution du code de notre navigateur, il y a encore à faire du côté des professionnels. Nous sommes frustrés car certaines entreprises pourraient tout à fait communiquer pour dire qu’elles utilisent Firefox . Cela ferait beaucoup pour la notoriété et serait une bonne manière de contribuer à l’esprit Mozilla. »

Cet « esprit » va fêter ses cinq ans, le 9 novembre prochain. D’aucuns diront que l’entrée sera libre et gratuite.


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