T-Systems entend aller au-delà du cloud computing

Logiciels

Après le mode ASP est arrivé le SaaS, qui lui-même s’oriente maintenant vers le cloud computing. Mais T-Systems prétend déjà faire mieux avec ses Dynamic Services

Pour y voir clair, un rappel des définitions s’impose. En mode ASP, les entreprises accèdent à leurs applications par l’internet. Elles s’affranchissent alors des tâches de maintien en condition opérationnelle et de mise à jour logicielle, celles-ci étant assurées par l’hébergeur. Le mode SaaS (Software as a Service), lui, mutualise des applications standards entre plusieurs clients. Il partage par conséquent les frais de licence et réduit encore davantage les coûts de maintenance logicielle. Il sécurise les données de chaque client en les stockant séparément et en les soumettant à des accès authentifiés, mais ne permet aucune prestation personnalisée.

Dans le cloud computing, enfin, l’entreprise utilise un nombre croissant de web services 2.0, d’applications ou de composants d’applications hébergés standards. Elle fait appel à des fournisseurs multiples (Flikr, Google, Salesforce, Microsoft, Cisco…), dispersés dans le nuage du net. Dans les trois cas, elle en attend plus de flexibilité et des coûts mieux maîtrisés que si elle faisait tout elle-même en interne.

T-Systems, la SSII filiale de Deutsche Telekom, cible les mêmes avantages fonctionnels. Depuis quelques années, elle développe une offre Dynamic Services for SAP. C’est en quelque sorte du SAP en mode ASP. L’entreprise ne partage sa licence SAP avec personne, ce qui autorise un sur mesure partiel. Toutes les infrastructures, par contre, sont mutualisées entre plusieurs clients, de même que les RH.

Par la virtualisation, les ressources IT mises à disposition peuvent en outre être ajustées constamment aux fluctuations des besoins et facturées aux SAPS (SAP Application Performance Standard, l’unité Mips des environnements SAP) réellement consommés. T-Systems peut également ajuster rapidement le réseau à ces fluctuations, alors que dans les modèles ASP ou SaaS conventionnels il appartient à l’entreprise de continuer de gérer elle-même le bon dimensionnement de ses accès.

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Les Dynamic Services for SAP ont désormais pour clients plus de 200 grands comptes à travers le monde, dont Deutsche Telekom lui-même pour quelque 20.000 utilisateurs. Ces grands comptes se recrutent dans tous les secteurs d’activité et ont donc des pics de charge décalés. A tout moment, des ressources non utilisées peuvent ainsi être réaffectées à d’autres clients.

La nouveauté ? Ces Dynamic Services vont aujourd’hui bien au-delà de SAP. Ils peuvent s’appliquer également désormais à la gestion de la relation client Siebel, au stockage des données, à l’archivage des factures électroniques en intégration avec SAP ainsi qu’à toute application Java ou C++ reposant sur des bases de données Oracle ou Sybase. Dès aujourd’hui, ils peuvent être fournis à partir de cinq data centres T-Systems à travers le monde, et non plus de ses seules salles blanches dédiées à l’infogérance SAP à Francfort. A terme, T-Systems devrait même disposer d’une quinzaine de data centres « dynamiques ».

“Nous entrons nous aussi dans le cloud computing, résume Jörn Kellermann, en charge des Dynamic Services fournis à T-Home, la filiale grand public et TPE-PME de Deutsche Telekom.Mais ce cloud computing n’est qu’un composant de nos services dynamiques, car ceux-ci apportent en outre la sécurité constante, des engagements de service de bout en bout, jusqu’au poste de travail, des services réseaux dynamiques et des modes de facturation plus variés.”


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