Tancé par la concurrence, Orange voit rouge

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Outre une plainte en diffamation contre Free, l’opérateur a tenu à démontrer les “mensonges” de la concurrence

A force de trop presser l’Orange, on s’expose parfois à quelques désagréments… Depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois, Free et SFR multiplient les attaques verbales et écrites contre Orange. Tout y passe : les tarifs de gros, la stratégie de contenus, la vente liée, l’abus de position de dominante, l’innovation. Des attaques qui se sont également transformées en plaintes, notamment au niveau européen.

Mais pour l’opérateur historique, certains de ces propos ont franchi la ligne jaune. Ainsi quand Xavier Niel, patron de Free estime qu’Orange est un “délinquant multirécidiviste”et que Maxime Lombardini, directeur général du FAI affirme qu’Orange n’a jamais innové mais a copié ses offres, c’en est trop pour l’opérateur. Une plainte en diffamation a donc été déposée, comme nous vous l’indiquions la semaine dernière.

Mais face à ce climat particulièrement agressif, Orange a tenu à rencontrer la presse afin de “rétablir la vérité”. “Voilà plusieurs semaines que nous faisons l’objet d’attaques répétées de la part de nos concurrents qui avancent des chiffres faux. Leurs dirigeants travestissent violemment les faits à ­travers des formules à l’emporte-pièce”, déclare ainsi Louis-Pierre Wenes, directeur général adjoint d’Orange.

Concernant la concurrence dans le secteur, le directeur général estime que la France n’a pas à rougir de sa situation. Si France Télécom résiste à la concurrence,“il ne le doit qu’à ses seuls mérites”.Et la séparation fonctionnelle voulue par Free (avec d’un côté le réseau et de l’autre la commercialisation des offres) ne changera rien selon lui.

Des tarifs trop élevés ? Orange rejette l’accusation (malgré certaines études qui disent le contraire) : “Le prix de l’abonnement téléphonique de France Télécom est inférieur au tarif moyen en Europe. Nos prix sont enquêtés et régulés tous les ans. Tout est sur la table”, souligne Louis-Pierre Wenes.

Les tarifs du dégroupage, fortement dénoncés par Frank Esser, le patron de SFR n’ont rien de prohibitifs, selon l’opérateur. “France Télécom propose l’offre de gros la plus large en Europe, dans la moyenne des tarifs, et avec des délais de raccordement très rapides”.

Le groupe est également revenu sur les “2 milliards d’euros de marges réglementaires en 2007 utiliséspour investir dans la fibre optique”,toujours selon Esser.“C’est une mascarade totale, qui dénote le peu de sérieux de cette personne”, a répliqué Louis-Pierre Wenes, qui dit avoir investi 121 millions d’euros dans la fibre optique au cours des deux dernières années. Le patron de SFR appréciera.

Alors pourquoi une telle agressivité ? Pour le directeur général, la réponse est simple, ses concurrents sont sous pression.“Free a manifestement besoin d’argent pour mener à bien ses plans. Et SFR, depuis sa fusion avec Neuf, n’affiche plus la même rentabilité, d’où certainement une pression de ses actionnaires pour qu’il augmente ses marges”.

Bref, la guerre des mots est loin d’être terminée.


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