Telecitygroup III à Aubervilliers: datacenter vert et sans effet domino

L’hébergeur neutre ouvre son 3e data centre en France, le 23e en Europe. Jusqu’au dernier détail, il a tenu à être à la pointe de l’éco-énergie verte et de la haute disponibilité.

«Notre engagement vert est sincère, souligne Stéphane Duproz, dg France de TelecityGroup. C’est d’ailleurs indispensable, car les clients sont de plus en plus regardants de ce point de vue. Ils réclament une vraie diminution des consommations électriques, gage d’une vraie maîtrise des coûts.»

Telecitygroup fait donc le pari d’être le plus «green» des hébergeurs neutres, sur ses anciens sites comme sur les nouveaux. Il est le premier à appliquer le Code de conduite européen édicté par Bruxelles pour les data centres. Et s’est voulu exemplaire sur son 3e site francilien, qu’il vient d’ouvrir à Aubervilliers Condorcet, au coeur du futur campus des sciences humaines et sociales.

Chaque hébergeur tiendra évidemment le même type de discours aujourd’hui. Mais dans la pratique, les divergences sont réelles. A Aubervilliers, Telecitygroup a ainsi écarté les toits végétalisés. «Ils rejettent du CO2, puisqu’ils ne produisent pas de bois et exigent plus de béton», souligne Laurent Trescartes, senior consultant de Critical Building, qui a été la tête pensante du projet. Le toit est peint en blanc pour réverbérer la lumière et ainsi refroidir moins à l’intérieur. Le site recourt également au free cooling toute l’année, mais seulement pour les locaux techniques (onduleurs, armoires électriques…). Tout emploi de PVC a été proscrit dans les câblages et les planchers techniques, pour éviter le dégagement d’acide chlorhydrique en cas d’incendie et avoir une reconversion des matériaux plus propre…

Ce 3e site francilien est Tier IV (le plus haut niveau de disponibilité de fonctionnement). «Il ne sera pas plus cher que nos deux autres, indique Stéphane Duproz, et ne vise pas de clientèle spécifique. Nous accueillerons tous les types de besoins, en courant continu, eau glacée, allées froides ou non.» L’accent, par contre, a été mis sur tout ce qui peut éviter les effets domino par la faute d’incidents mineurs, qui sont le talon d’Achille de tous les data centers.

Construit sur 7 500 m2, le site offre ainsi deux salles de 2 200 m2, isolées par des murs coupe-feu de deux heures et alimentées chacune par 3 chaînes électriques distinctes, A, B et C. Les baies sont ainsi alimentées successivement par deux de ces trois chaînes AB, BC, AC… Le câblage électrique circule dans les faux planchers, mais tout le câblage de données est aérien pour éviter toute interférence. Tous ont leur code de couleur de bout en bout pour éviter les confusions dans les interventions de maintenance et permettent que celles-ci soient plus rapides. Les modifications de brassage se font en mezzanine, sans avoir besoin d’entrer dans les salles. Les adductions EDF et fibre optique sont doubles et il n’est pas demandé aux groupes électrogènes de se synchroniser.

La PUE (Power Usage Efficiency ou efficacité énergétique), enfin, sera calculée à l’année. «Elle sera de 1,5 en pleine charge, climatisation comprise», promet Laurent Trescartes. Le nouveau site Condorcet a réclamé un investissement de 48 millions d’euros. Il a accueilli son premier client le 30 décembre dernier, mais en héberge déjà une dizaine à ce jour. Il est appelé à héberger également le nouveau noeud d’échange France-IX, qui, en volume, a l’ambition à terme de faire jeu égal avec ceux de Francfort et de Londres grâce aux nouveaux câbles sous-marins reliant l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie-Pacifique à Marseille.

Enfin, cerise sur le gâteau : TelecityGroup n’ayant pas réussi à revendre ses rejets de chaleur au voisinage les emploie à l’entretien dans ses murs d’un Arboretum (jardin botanique) du changement climatique, géré en partenariat avec l’INRA et la Société forestière (groupe CDC). Un data center des plus verts, donc.

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La salle d’hébergement et ses câbles aériens.