Telecom Italia : AT&T renonce

Régulations

Une solution européenne, voire italienne peut maintenant être envisagée, pour
le plus grand soulagement des politiques transalpins

Nouveau coup de théâtre dans le feuilleton de la vente de Telecom Italia. Ce lundi soir, l’américain AT&T a déclaré qu’il abandonnait la course. L’opérateur a simplement indiqué dans un laconique communiqué qu’il a “apprécié” la possibilité d’explorer un investissement éventuel dans Olimpia ainsi qu’un partenariat stratégique avec Telecom Italia, mais avoir finalement décidé de “ne pas donner suite à l’affaire“.

Cette annonce a refroidi les investisseurs, le titre Telecom Italia s’effondre ce mardi à la bourse italienne de Milan. Elle illustre également l’intervionisme de Rome en matière d’économie.

“Ils les ont fait fuir, c’est ça le marché italien”, s’est désolé Marco Tronchetti Provera, patron de Pirreli, dans un entretien à Il Sole 24 Ore, son accusation s’adressant au gouvernement de centre-gauche dirigé par Romano Prodi.

Mais ce reatrait a rassuré le gouvernement du pays. Depuis l’annonce des intentions d’AT&T, les politiques s’étaient fortement inquiétés de la prise de contrôle du fleuron italien par un groupe américain.“Les grandes entreprises doivent rester italiennes car entre Italiens il y a tôt ou tard un accord. Avec les autres c’est plus difficile”, a estimé Sergio Romano, éditorialiste du Corriere della Sera.

Même tonalité de la part des actionnaires qui ont demandé la tête du président du groupe, accusé de faire n’importe quoi depuis que le processus de vente a été engagé. Il faut dire qu’il s’agit là d’un véritable feuilleton…

Rappel des faits. En mars dernier, Pirelli annonçait son intention de vendre ses parts dans Olimpia qui contrôle 18% de Telecom Italia, jugée responsable de sa perte.

Il faut dire que depuis 2001, Pirelli ne cesse de financer sa participation dans l’opérateur. A perte. En novembre, l’entreprise a passé une provision pour dépréciation sur sa participation dans Olimpia de 2,1 milliards d’euros. En 2002, lors de sa prise de participation Pirelli a payé 4,17 euros par action Telecom Italia. Elle vaut aujourd’hui environ 2 euros…

En avril, AT&T allié au mexicain America Movil se déclare intéressé et offre 2,82 euros par action, une proposition accueillie favorablement par le conseil d’administration de Pirelli.

Mais on l’a dit, le gouvernement fait blocage. Une solution alternative est recherchée et l’américain jette finalement l’éponge. De son côté America Moviles pourrait faire une offre seul.

Entre temps, le torchon brûle entre Olimpia et le président de Telecom Italia, Guido Rossi. Ce dernier s’opposerait aux ambitions de son actionnaire de référence. Il est ainsi accusé d’avoir fait capoter la première approche de l’espagnol Telefonica et ne semble pas plus favorable à AT&T. Traduction : l’homme est remercié.

Désormais, Pirelli cherche toujours une solution pour sa filiale et c’est un peu le retour à la case départ. Deux options se profilent. L’entrée d’un acteur italien : Intesa Sanpaolo, première banque italienne pourrait prendre une participation. Mais rien n’est mois sûr.

Un opérateur européen pourrait également faire une proposition. France Télécom et Deutsche Telekom auraient mandaté des banques pour analyser le dossier. Mais là encore, rien n’est officiellement décidé.


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