Telefonica veut s’offrir O2 pour 26 milliards d’euros

Régulations

L’opérateur espagnol est prêt à tout pour s’ouvrir les marchés britanniques et allemands du mobile où O2 est présent

Le secteur des opérateurs télécoms est bel et bien reparti dans un mouvement de spéculation et de concentration. Après le rachat de l’espagnol Amena par France Télécom et la fusion entre les britanniques NTL et Telewest, c’est aujourd’hui Telefonica qui lorgne sérieusement sur O2.

L’opérateur espagnol a présenté une offre d’achat amicale de l’opérateur mobile britannique O2 pour 17,7 milliards de livres (26 milliards d’euros) cash. Telefonica, déjà cinquième opérateur du monde par la capitalisation boursière, offre 200 pence par action O2, soit une prime de 22% sur le cours de clôture de sa cible vendredi. O2, sixième opérateur mobile d’Europe (né en novembre 2001 de la scission des activités mobiles de BT Group) est depuis longtemps considéré comme une cible potentielle de premier choix car il est à la fois l’un des rares acteurs indépendants du marché et un “pure player” concentré sur le mobile, sans activités de téléphonie fixe ou d’accès internet. Il emploie 15.000 personnes et compte 24,6 millions de clients au Royaume-Uni, en Irlande et en Allemagne Pour Telefonica, ce rachat lui ouvrirait les portes de deux des plus gros marchés de télécommunications d’Europe, le Royaume-Uni et l’Allemagne où O2 est présent. Et équilibrait ses activités qui sont concentrées sur le monde hispanique (Espagne et Amérique du Sud). “L’intégration d’O2 dans le groupe Telefonica renforcera notre potentiel de croissance, nous permettra de bénéficier d’économies d’échelles, donnera au groupe l’accès à deux des plus grands marchés européens avec une taille critique et équilibrera notre exposition en termes d’activités comme de régions”, a déclaré son président, Cesar Alierta. Surenchère à prévoir Selon une source proche du dossier, Telefonica financerait le rachat d’O2 par le biais d’un emprunt bancaire auprès de Citigroup, Goldman Sachs et Royal Bank of Scotland. Il pourrait toutefois refinancer cet emprunt ultérieurement en procédant à des émissions obligataires, a ajouté la source. Telefonica a assuré que l’opération aurait un impact positif immédiat sur ses résultats. Il estime les économies et synergies offertes par le rachat d’O2 à 293 millions d’euros en rythme annuel d’ici 2008 et le coût de l’intégration à 39 millions. Rappelons qu’O2 avait déjà été la cible de Deutsche Telekom et du néerlandais KPN qui ont tenté cet été d’élaborer une offre commune. L’offre de Telefonica pourrait provoquer une réaction de ces opérateurs et même de France Télécom. Traduction: une surenchère… “Est-ce que je crois que quelqu’un d’autre va s’asseoir à la table de jeu? Absolument”, a ainsi déclaré à Reuters Gareth Jenkins, analyste de Deutsche Bank, précisant que Deutsche Telekom avait les moyens de débourser plus de 200 pence par action en payant en cash et en actions. L’affaire est donc loin d’être conclue… D’ailleurs l’action 02 s’envole ce lundi. Le cours de 02 s’inscrit donc au-dessus du prix de 200 pence par action offert par l’opérateur espagnol. Les investisseurs semblent faire le pari d’une contre-offre sur O2.


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