Test réussi pour l’Airbus A380, mais quid des turbulences en vol?

Régulations

474 employés d’Airbus Industrie ont participé au premier vol avec passagers de l’Airbus A380. Mais d’autres épreuves attendent le géant: il pourrait se voir imposer des restrictions supérieures à celles du Boeing 747

Le très gros porteur Airbus A380, le plus gros avion capable d’emporter le plus grand nombre de passagers au monde, a passé avec succès, ce lundi 4 septembre, le test du premier vol en capacité maximale.

L’avion était aménagé selon les desiderata de la première compagnie qui en sera livrée, Singapore Airlines. La configuration ‘standard’ de l’A380 prévoit 555 passagers répartis en trois ‘classes‘.

Cet essai à pleine capacité ne figure pas parmi les obligations de l’aviation civile. Mais il a montré “la totale maturité de l’avion avant sa livraison.”

Une nouvelle épreuve à venir, autrement plus délicate…

Après 1.900 heures de vol en test, l’étape suivante est la ‘wake vortice‘, à savoir la mesure de la dangerosité des turbulences générées par l’avion vis-à-vis d’autres avions pouvant voler à proximité.

Un test délicat: l’ICAO (International Civil Aviation Organization) sous prétexte de précaution par rapport à la taille de l’avion, a élargi la “zone d’exclusion” autour de l’A380 (zone d’interdiction d’autres vols avoisinants): elle est plus large que celle imposée au concurrent vieillissant Boeing 747.

Cette mesure signifie, pour les aéroports, des conditions d’accueil plus drastique, ce qui aurait pour effet de restreindre les capacités de trafic, un comble pour un avion censé désengorger les aéroports les plus fréquentés.

Airbus rétorque que l’A380 ne génère pas plus de turbulences que la dernière version du Boeing 747. D’aucuns observent que cette commission de contrôle est surtout constituée d’experts américains, qui seraient favorables à Boeing. On se souvient des tracasseries qui ont visé à limiter les vols du Concorde !

L’Airbus A380 coûte environ 260 millions d’euros. Son programme de développement aura coûté environ 10 milliards d’euros. A ce jour, 159 appareils ont été commandés.

Un nouveau patron pour l’A380

Le jour même de l’essai avec ses passagers, Airbus a fait savoir que Mario Heinen, jusqu’ici du programme de l’A320, remplace Charles Champion à la tête du programmes Airbus A380, depuis quelques mois à peine.

Par ailleurs, à la tête de la firme, Christian Steiff, successeur de Gustav Humbert, “démissionné”, devra présenter aux actionnaires du groupe en octobre prochain les résultats de l’audit détaillé du programme A380, audit commanditée après l’annonce du retard et de surcoûts énormes dans le programme de fabrication de l’avion gros porteur.


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