Tablette YziPro : un concentré de puissance, pour 199 euros

Les tablettes Android ‘noname’ se succèdent maintenant à un rythme effréné. Leur qualité de fabrication va crescendo, tout comme leur puissance.

En témoigne la star chinoise du moment, le composant tout-en-un Rockchip RK3066, qui équipe un nombre croissant de terminaux, comme l’YziPro d’eviGroup, une tablette 9,7 pouces vendue au prix public indicatif de 199 euros TTC.

Nous avons eu pendant plusieurs semaines un modèle de présérie entre les mains. Notre conclusion est sans appel : ce produit propose d’excellentes performances. Aucune lenteur n’a été constatée, l’utilisation du SoC sous Android 4.0.4 ne posant aucun problème.

Les limites sont classiques : l’accès à Google Play n’est pas total (faute de GPS et de certification) et l’autonomie est légèrement en retrait face à d’autres tablettes (la batterie fait tout de même 6000 mAh).

test tablette yzipro Internet © Silicon.fr

Caractéristiques : du classique

Voici les caractéristiques techniques de la machine :

  • Un processeur bicœur Rockchip RK3066 cadencé à 1,5 GHz ;
  • 1 Go de RAM en DDR3 ; 8 Go de Flash interne ;
  • Écran IPS de 9,7 pouces capacitif 5 points (1024 x 768 points) ;
  • Webcam 0,3 Mpx et capteur arrière 2 Mpx ;
  • Sortie vidéo HDMI et audio jack 3,5 mm ;
  • Deux ports USB, dont un “host” ;
  • Un lecteur de cartes microSD ;
  • 24,3 x 19 x 0,9 cm, 613g.

La qualité de l’YziPro est plus que correcte : rien ne craque ni ne bouge. Impossible toutefois de livrer nos impressions sur l’écran, car notre modèle était pourvu d’une dalle TN et non IPS comme sur la version commercialisée par eviGroup.

Le port USB ‘host’ fonctionne parfaitement. La machine a ainsi reconnu en standard un disque Flash. Ne lui en demandez toutefois pas trop en matière d’alimentation électrique. Côté réseau, le Wifi 802.11n et le Bluetooth 2.1 fonctionnent sans problèmes et semblent avoir une portée identique à celle de nos autres appareils de test.

Petit regret, l’espace de stockage Flash, dont seuls 512 Mo sont accessibles pour les applications. Cela devrait être suffisant pour les rares logiciels n’acceptant pas d’être installés sur le reste de l’espace disque, vu comme une carte SD interne. Autre regret, les boutons à double fonction (menu/volume+, home/volume-) sont peu ergonomiques.

Espérons que ces petits soucis seront corrigés par la suite. Le passage de 512 Mo à 1 Go pour la Flash « centrale » a ainsi été évoqué.

En page deux… le test de performances

Crédit photos : © Silicon.fr / Galerie © eviGroup – Silicon.fr

Processeur : la bonne surprise

La puce intégrée au sein de l’YziPro est un Rockchip RK3066, un composant “100 % made in china”. Nous l’avons comparé aux processeurs intégrés dans deux smartphones phares : le Samsung Galaxy S2 et le HTC One X.

  • eviGroup Yzi Pro : Rockchip RK3066. Bicœur Cortex-A9 à 1,5 GHz. GPU Mali-400MP 4 cœurs. Gravure en 40 nm.
  • Samsung Galaxy S2 : Exynos 4210. Bicœur Cortex-A9 à 1,2 GHz. GPU Mali-400MP 4 cœurs. Gravure en 45 nm.
  • HTC One X : Tegra 3. Quadricœur Cortex-A9 à 1,4 GHz. GPU GeForce ULP. Gravure en 40 nm.

Le RK3066 est un processeur de milieu/haut de gamme. Certes, il s’agit d’une puce bicœur, mais sa fréquence nominale élevée lui donnera l’avantage avec des applications monocœurs.

test tablette yzipro Quadrant © Silicon.fr

Les résultats du test Quadrant sont conformes à nos attentes :

  • eviGroup Yzi Pro : 3922 points (processeur 7174, mémoire 4278, entrées/sorties 5524, 2D 324, 3D 2309)
  • Samsung Galaxy S2 : 3334 points (processeur 5681, mémoire 3151, entrées/sorties 5231, 2D 513, 3D 2096)
  • HTC One X : 4617 points (processeur 12638, mémoire 3078, entrées/sorties 4331, 2D 969, 3D 2381)

La capacité de calcul est ici directement liée à la fréquence du processeur, multipliée par le nombre de cœurs. Rien ne ressemble plus à un cœur Cortex-A9… qu’un autre cœur Cortex-A9.

Côté mémoire et entrées/sorties, notre YziPro sort le grand jeu, avec de belles performances. Un plus pour une tablette, qui, par définition, va probablement devoir manipuler plus de données qu’un smartphone (en particulier vidéo).

Reste la partie 2D/3D : le GPU Mali-400MP est ici excellent en 3D, mais reste très en retrait en 2D. Une faiblesse du pilote ?

Le service : un plus ?

Beaucoup de sociétés proposent aujourd’hui des tablettes proches de celle d’eviGroup, parfois même avec des prix légèrement inférieurs. Il est à noter toutefois que le Français livre un produit adapté à la langue de Molière, mais aussi validé et garanti dans l’Hexagone.

Autre point positif, un forum dédié où eviGroup réagit rapidement aux demandes de ses clients. Un bon point… particulièrement si la société décide de fournir les informations permettant de ‘rooter’ sa tablette. La communauté pourrait alors s’emparer de ce terminal, accessible à l’achat et efficace à l’usage.

Enfin, cette tablette est aussi un succès pour les concepteurs chinois qui montrent combien le fossé séparant leurs technologies de ceux des grands constructeurs actuels se réduit aujourd’hui… à rien, ou presque.

Tout comme les PC assemblés n’ont dans les grandes lignes pas à rougir face aux PC des grands constructeurs, les tablettes “100 % made in China” affichent dorénavant ouvertement leurs ambitions… et leurs prix.

Crédit photos : © Silicon.fr / Galerie © eviGroup – Silicon.fr


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