Texas Instruments se veut le ‘Intel Inside’ de l’électronique

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Le fondeur mise beaucoup sur l’électronique grand public en devenant un partenaire incontournable des fabricants d’appareils

48 milliards de dollars. Selon Gartner, ce sera le chiffre d’affaires mondial de l’électronique grand public en 2007 contre 28 milliards aujourd’hui. Baladeurs numériques, smartphones, décodeurs à disque dur, appareils photo numériques, consoles de jeux… autant de succès qui aiguisent les appétits: de nombreux fabricants, pas forcément issus de l’électronique -comme Dell- attaquent directement ce marché.

D’autres préfèrent se placer dans une position intermédiaire beaucoup plus confortable. C’est le cas de Texas Instruments. On le sait, le fondeur est le numéro un mondial des puces pour téléphones mobiles. Mais le groupe américain tient également à renforcer sa présence et son influence auprès des fabricants d’électronique. Jean-Marc Charpentier, DSP Business Development Manager Europe pour TI explique: “Nous voulons devenir un prestataire indirect de cette industrie en proposant une plate-forme de développement commune aux constructeurs”. En clair, devenir le “TI Inside” de l’électronique grand public comme Intel et son “Intel Inside” dans la majorité des PC de la planète. Cette plate-forme commune baptisée DSP se retrouve déjà dans de nombreux appareils: téléviseurs numériques, caméras DVD, baladeurs vidéos et multimédias des constructeurs Sharp, Samsung, Panasonic, HP, Canon…. Elle englobe un jeu de composants programmables qui permet, selon TI, “aux clients de se différencier”. TI se dit donc prêt à accompagner les fabricants dans la nouvelle génération de terminaux numériques et espère imposer sa plate-forme partout. Cette nouvelle génération, qui s’étalera sur les deux prochaines années, promet en effet pas mal de capacités: appareils photos numériques à 10 megapixels (on se demande bien pour quoi faire…), radios digitales DAB à mémoire, set-top boxes, nouvelles consoles et des terminaux toujours plus petits, toujours plus légers. Mais concrètement, TI ne veut pas en dire plus. Le fondeur sera-t-il présent sur les prochaines consoles de jeu. Sur les prochains iPod d’Apple: ces informations sont encore confidentielles… Surtout, ces produits vont provoquer l’arrivée de nouveaux acteurs. Autant de nouveaux prospects pour TI: “De plus en plus d’acteurs se lancent sur ce marche”, s’enthousiasme Jean-Marc Charpentier. “Les fabricants de PC, les fabricants spécialisés, les opérateurs Internet et même les distributeurs qui créent leurs propres marques. Notre application peut répondre à n’importe quelle demande”. Pour autant, TI garde la tête froide. Pas question de fabriquer, en son nom, des appareils. TI ne fabriquera plus de produits finis. “On se concentre sur ce qu’on sait faire, le silicium. Si nous avions notre propre gamme de produits, se poserait un grave problème de concurrence. Les industriels n’achèteraient pas nos puces craignant d’être concurrencés par nos produits. Nous ne voulons pas reproduire l’erreur de Motorola par exemple [qui a dû scinder ses activités puces et terminaux, NDLR]”.


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