THD : le VDSL2, frein au déploiement de la fibre optique ?

Réseaux
Très hauts débits du VDSL2

Selon le syndicat des collectivités, le déploiement du VDSL2 doit être encadré pour ne pas nuire aux investissements dans la fibre optique.

Si l’arrivée prochaine du VDSL2, validé par l’Arcep la semaine dernière, entend satisfaire des millions de foyers et entreprises avec la montée des débits sur les lignes téléphoniques, elle n’est pas forcément du goût des collectivités locales. Celles-ci y voient en effet un risque de frein au déploiement de la fibre optique, architecture d’avenir sur le long terme par définition.

« Il serait aberrant de doublonner les investissements dans les zones qui vont passer à la fibre jusqu’à l’abonné, indique Yves Rome, président de l’Avicca (Association des villes et collectivités pour les communications électroniques et l’audiovisuel). A court terme, cela diminue l’appétence à basculer sur le nouveau réseau. A moyen terme, les performances du FTTH étant nettement meilleures, cela dévalorise les équipements spécifiques au VDSL. ».

Les opérateurs séduits par le VDSL2

Face à des investissements moindres par rapport au coût de la fibre, les opérateurs fournisseurs d’accès Internet seront forcément tentés par la technologie. Orange et OVH, qui ont massivement participés aux tests, en premier lieux. Mais aussi Bouygues Telecom, qui nous a confirmé son intention de lancer des offres VDSL2 sans s’engager sur une date. Free n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet mais en décembre dernier, dans les Cahiers de l’Arcep, le directeur général d’Iliad Maxime Lombardini, estimait qu’il fallait « jouer la complémentarité entre la fibre et le cuivre ». SFR, qui n’a pas encore eu l’occasion de retourner nos questions, y rappelait par la voix de son secrétaire générale Philippe Logak que « les technologies alternatives [à la fibre] telles que le VDSL […] ne doivent être retenues que pour les zones non dégroupées en priorité ou non dégroupables, afin de ne pas perturber les investissements dans la fibre ».

Une analyse que rejoint Yves Rome : « La mise en place de cette technologie pourrait se justifier pour les zones qui ne doivent pas passer au FTTH dans les prochaines années. » Mais avec le risque d’« accentuer les inégalités, en améliorant le débit des lignes courtes, sans effet pour ceux qui ne peuvent pas accéder aux services usuels aujourd’hui, et peut-être même en leur créant des perturbations. »

Les risques techniques

Le VDSL2 autorise en effet le transport des données jusqu’à 100 Mbit/s (contre 20 Mbit/s au mieux pour l’ADSL) sur des lignes de moins d’1 km. Au-delà, les performances de la technologie rejoignent celles de l’ADSL. Quant aux risques évoqués de perturbations par le porte-parole de l’Avicca, il n’a pas lieu d’être puisqu’il faisait l’objet des longs mois de tests de la part des opérateurs. Mais seule la mise en application sur le terrain permettra de vérifier la maîtrise des risques d’interférences. En exploitant des fréquences plus élevées que celle de l’ADSL, le VDSL2 risque en effet d’influer sur la qualité du haut débit des lignes situées à proximité.

Yves Rome rappelle que le « Programme France Très haut débit vise à mettre en place les meilleures conditions pour cette transition au bénéfice de tous » (sur le sujet lire notamment La feuille de route du très haut débit français se précise et Très haut débit : l’ambitieuse « Ambition numérique » du gouvernement). Et d’appeler la Ministre en charge du numérique, Fleur Pellerin, à ériger des règles de bonne conduite entre opérateurs et collectivités afin de « privilégier les investissements dans les technologies les plus pérennes ». Sera-t-il entendu ?

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