ThemaTIC : la dématérialisation s'impose, avec ou sans crise

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ThemaTIC a réuni des experts de la dématérialisation pour faire le point sur ce marché, des documents entrants aux factures, en passant par la signature électronique.

Sécurité et signature électronique

Le débat s’est – logiquement – ouvert sur la sécurité des données. La dématérialisation interpelle en effet quant à la valeur du document numérique face à un document écrit, imprimé et signé ? La solution est très certainement dans la signature électronique. « C’est une problématique, celle de la dématérialisation du document signé », souligne Julien Stern, de Cryptologue. « Prenons la facture, c’est une problématique européenne : faut-il ou non une signature ?« 

Se pose donc la question de savoir quel document signer et pourquoi ? Pour Julien Stern, la signature s’impose sur l’accord de confidentialité, tandis que Maître Caprioli s’interroge sur la nécessité de la signature, voire du document imprimé, sous la responsabilité du chef d’entreprise. Tous deux viennent démontrer que la question reste posée et que le débat reste ouvert…

Quant à la pérennité des données dématérialisées, voire signées, c’est tout le processus de la dématérialisation qui est soumis à questionnement. Qu’il s’agisse des systèmes d’archivage ou de la validité de la signature électronique, les premiers devront s’adapter et se rafraîchir au rythme des évolutions technologiques, tandis que la seconde ne pourra, inévitablement, résister éternellement aux coups de boutoir des hackers qui cherchent à casser les clés de cryptage, ce qui nécessitera également longtemps encore de faire évoluer et de rafraîchir régulièrement les signatures, tout en garantissant la traçabilité des événements afin de leur conserver une valeur probante.

Quand peut-on dématérialiser et pour quel ROI ?

« Peut-on dématérialiser de façon simple ? », s’interroge Julien Stern. À terme, il semble évident que la dématérialisation s’imposera dans tous les actes du quotidien, qu’il s’agisse de la sphère publique ou de la sphère privée. Encore faudra-t-il disposer des bons outils… Car chez les acteurs du marché, spécialistes de la dématérialisation comme de la signature électronique, chacun avance à son rythme, sur ses outils, et sur ses standards, ces derniers brillant par leur absence de la scène internationale.

Deux faits cependant dominent : dans l’entreprise, l’adoption d’une solution de dématérialisation et signature électronique n’est rentable que sur du volume, avec un coût décroissant au fur et à mesure que celui-ci augmente. Julien Stern évoque un seuil de rentabilité à 100.000 contrats, pour un ROI entre un et deux ans. Il faut prendre en compte les développements et adaptations spécifiques, le déploiement des processus, la formation et le reclassement des individus…

Chez Manutan, Eric Duverger évoque quant à lui un ROI immédiat, grâce à la suppression du document papier, de son impression, de l’enveloppe, du pliage et de l’insertion du document dans l’enveloppe, du timbre, des déplacements d’expédition, etc., jusque chez le client qui n’a plus à traiter le courrier. En intégrant l’investissement initial, le ROI total entre un et deux ans est validé. Pour la dématérialisation dans le cadre des usages individuels, tous attendent la sortie de la carte d’identité numérique… Bien que cette dernière soulève encore de nombreuses interrogations et que l’on puisse regretter la faiblesse ou les écarts des engagements gouvernementaux ! En revanche, quelque peu provocateur, Maître Caprioli affirme que la ‘démat’ chez les PME ne sert à rien, sous l’œil désapprobateur des témoins de la table ronde !

La conclusion est revenue à Pascal Handy qui, après une réflexion sur le rôle de la dématérialisation dans l’approche green des IT, souhaite relativiser la vision du développement durable qui envahit notre quotidien. « En Europe, comme l’affirme l’ONF (Office National des Forêts), l’utilisation du papier n’a pas d’effet écologique dévastateur. La gestion des forêts, le reboisement – il y a trois fois plus de forêts en France qu’au début du siècle dernier ! – et le recyclage font que l’Europe est autosuffisante. Il faudrait en revanche s’interroger sur le coût environnemental de la démultiplication des IT. Et comparer le coût écologique du papier face au clic de souris… » Un autre débat est lancé, tandis que la table ronde ThemaTIC sur la dématérialisation touche à sa fin.

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