Time Warner et AOL: le divorce est pré-annoncé

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Le géant des médias pourrait redonner son indépendance à sa filiale Internet qui pèse sur le résultat du groupe. Le président a abordé le sujet sans détour

AOL est de nouveau au centre des préoccupations de Time Warner, son propriétaire. Ce n’est pas la première fois que le géant des médias envisage une séparation plus ou moins franche, suite aux difficultés rencontrées par sa filiale Internet: baisse massive du nombre d’abonnés et revenus publicitaires insuffisants. Ironie du sort: à l’époque de la bulle Internet, c’est AOL qui s’était emparé du premier groupe mondial de communication. Aujourd’hui, America On Line ressemble à un boulet…

Dans une interview au magazine Fortune, le p-dg de Time Warner, Dick Parsons, envisage de donner son indépendance à la filiale Internet si elle ne parvient pas à attirer plus de publicité sur son portail gratuit. “Si AOL ne marche pas, alors vous commencez à penser à AOL différemment”, explique-t-il laconiquement. Et de poursuivre: “Nous aurions accès à la plate-forme d’AOL, mais elle aurait sa propre marge de manoeuvre pour chercher des acquisitions ou d’autres transactions. Nous devrions trouver des acquisitions ou d’autres transactions. Nous devrions imaginer une façon de maximiser la valeur ajoutée pour nos actionnaires”. Le patron a néanmoins indiqué ne pas avoir d’échéance en vue. Mais sa déclaration ne peut qu’être prise très au sérieux. Le fournisseur de services Internet a encore perdu aux Etats-Unis 549.000 abonnés sur le premier trimestre, pour en compter 21,7 millions à la date du 31 mars. En Europe, où AOL dénombre 6,3 millions d’abonnés, le solde est négatif par rapport à l’an passé, mais 18.000 abonnés ont été regagnés sur le trimestre. Une consolation: le bénéfice d’exploitation d’AOL a progressé de 17%, à 324 millions de dollars, malgré un chiffre d’affaires en baisse de 2,6% à 2,13 milliards.


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